ALERTEZ LES BEBES !




Editorial du 25 janvier 2022





Les premiers chiffres du recensement 2023 sont à peine tombés que déjà ils suscitent des commentaires : En France, nous sommes plus de 68 millions d'habitants, dont 65 millions vivent en Métropole tandis que les 3 millions restant concernent les habitants d’Outre-Mer…


Premier constat : la population française continue de croitre…C’est tant mieux car rappelons que nous étions 66 millions d’habitants il y a dix ans. Cependant, un deuxième constat à la lecture des nouveaux chiffres laisse apparaitre qu’avec la naissance de 723 000 bébés (en recul par rapport à 2022), nous enregistrons à présent ce qui constitue le plus faible nombre de naissances sur une période d’un an depuis l’immédiat après-guerre !.


Ce recul du taux de natalité pourrait s’expliquer notamment par la diminution des femmes en âge de procréer (en moyenne, entre 20 et 40 ans) mais ce n’est pas la seule raison, d’autres facteurs peuvent s'expliquer par les conséquences de la pandémie qui a pu retarder les projets de parentalité et bien sûr l’incertitude économique qui en a découlé….


Avec 1.8 enfant par femme, la France peut cependant se vanter d’avoir encore un des taux de fécondité les plus élevés d’Europe, bien supérieur à celui de nos voisins d’Outre-Rhin et du Sud de l’Europe, mais il n’est pas exclu que l’on puisse s’approcher de cette moyenne dangereuse qui impliquera à long terme un renouvellement a minima des générations a contrario de ce que furent les années du « baby-boom » entre 1945 et 1964…


A la lecture des récentes publications de l’Insee, il est clair que notre pays « vieillit » à l’instar de tous ses voisins où plus d’une personne sur 5 à 65 ans et + (dont d’ailleurs est issue une grande partie de nos « baby-boomers ») et ce chiffre ne devrait cesser de croître pour approcher les 28% en 2070… que ne compenserait pas le nombre de naissances, provoquant de facto en un premier temps, une stagnation de la population puis son déclin…


C’est vrai, la prospective en matière économique n’est pas une science exacte mais elle peut permettre de trouver quelques pistes en guise de remède car selon certains, la baisse continue de la fécondité et le vieillissement de la population risque de mettre en péril notre système de solidarité par répartition, comme tente de le démontrer actuellement le gouvernement en voulant reculer l’âge de la retraite mais avec la forte opposition que l’on connait convaincue que l’heure n’est pas à réformer car les indicateurs sont encore au « vert »…


« Vert » certes mais de plus en plus pâle même si la croissance démographique française reste légèrement positive, elle le doit notamment à son solde migratoire, comprenez la différence entre le nombre de personnes entrées et celles sorties du territoire.
Toutefois, elle ne doit pas faire oublier le constat d’un taux de mortalité en hausse qui a pu s’expliquer en partie par la crise du COVID et les différents épisodes caniculaires mais surtout par l’arrivée massive à des âges avancés des générations issus de l’après-guerre.


On constate alors que la France compte 3 aînés supplémentaires tous les cinq minutes et même si, rappelons-le, elle n’est pas en tête des pays vieillissant , elle compte 4 fois plus de 65 ans et plus qu’en 1950 grâce aux progrès de la médecine qui ont boosté l’espérance de vie ...

En définitive, ce « vieillissement » de la population est d’ordre mondial, puisque la planète compte 700 millions de personnes de plus de 65 ans en 2020 tandis que ce chiffre devrait doubler d’ici à 2050.


Paradoxalement, l’Afrique devrait voir doubler sa population d’ici cinquante ans, a contrario de la vieille Europe ou d’un extrême orient incarné notamment par le Japon et la Corée du Nord qui vont vivre à l’heure de la décroissance démographique…
Pourtant si ce vaste continent connait comme les autres une baisse du taux de natalité, il n’en demeure pas moins que le taux de fécondité y reste élevé d’où ce boom démographique annoncé….


On l’a vu, la hausse du taux de natalité reste une équation compliquée à résoudre : si on veut le brider comme ce fut le cas en Chine en pratiquant une politique trop coercitive de contrôle des naissances, on finit par voir sa population connaitre le même sort que celui des occidentaux qui tentent sans conviction d’ encourager une politique nataliste, au cœur de contrées urbanisées et consuméristes et où l’on fait des enfants de plus en plus tard, un peu angoissé par un monde globalisé…


Mais restons optimistes pour l’avenir et méditons cette maxime : « inutile de jeter le bébé avec l’eau du bain et souhaitons à tous de meilleurs « vieux » pour 2023. »


Philippe Dupont