LA TENTATION DE VENISE

Depuis le 8 mars 2020, la cité des Doges vit à l’heure du confinement total comme dans le reste de l’Italie durement touchée par la pandémie de COVID-19.

Une ville devenue silencieuse, privée de l’habituelle frénésie touristique où les habitants vivent reclus ou qui sortent munis d’un masque bien différent de celui porté lors du traditionnel carnaval de Février…

Il y a encore deux mois, la capitale de la Vénétie était le symbole de la ville du « tourisme de masse », pour ne pas dire du « surtourisme », avec tous les excès et risques que cela comporte.

Près de la moitié de la population travaille dans ce secteur, bien que la province de Vénétie, une des plus riches de la Péninsule et même d’Europe, avec le port de Marghera, ses zones industrielles, la pétrochimie, la mécanique ou encore les constructions navales ou la métallurgie constituent les rouages d’une économie qui connait le quasi-plein-emploi….

La cité natale de Marco Polo, reconnue comme Patrimoine Mondiale de l’UNESCO, depuis des siècles, étant un carrefour marchand rayonnant sur le monde civilisé, tirait donc en grande partie sa fortune de cette industrie du Tertiaire avec ses secteurs connexes (hôtellerie, restauration, banques, agences de voyages), renforcée par l’arrivée récente de nouvelles générations de touristes, venus des pays émergents.

D’ordinaire, pas moins de 27 millions de ces adeptes de la « société des loisirs » foulent le sol de la Place St Marc et de ses environs immédiats. Un chiffre qui donne le vertige pour une agglomération de 270 000 habitants seulement (dont 58 000 au cœur du « Centre Historique »).

Passer au minimum trois jours pour découvrir ce joyau européen n’est pas de trop, surtout pour sortir des sentiers battus et des pièges à touristes….

Avec ses 121 îles, ses 455 ponts et ses 177 canaux, tout est « histoire d’eau » à Venise. Un environnement opulent mais fragile en même temps, menacée par la montée de ces mêmes eaux, la pollution et par l’agression des bateaux de croisière, de plus en plus nombreux qui s’aventurent dans la lagune…

Qui n’a pas eu un jour, la « tentation de Venise » (hormis un ancien Premier Ministre Français), cet endroit si unique et si romantique où se font et parfois se défont les amours….

Pas nécessaire de tomber dans les clichés avec un traditionnel « baiser » en franchissant le Pont des soupirs, accompagné par le « O sole e mio » entonné par un gondolier complice. Il suffit d’ opter plutôt pour un « Pass Venezia » qui permet de voir le maximum de choses en un temps raisonnable et découvrir d’autres facettes que celles qui sont systématiquement montrées sur les Guides et autres Cartes postales.

Car pour « sentir » Venise, il suffit de sortir des sentiers battus, en empruntant les petites ruelles typiques situées à quelques centaines de mètres parfois du rush touristique : comme flâner dans le Ghetto ou le quartier de l’Arsenal. Être un bon marcheur est recommandé dans une ville ou rappelons-le la voiture est interdite (de quoi faire jubiler un « écolo parisien »), où les éboueurs ramassent les ordures avec des charrettes, les pompiers (vigili del fuoco) ou les urgences médicales se font par voie fluviale…

Il est toujours préférable de planifier son séjour en choisissant un quartier ou un thème par jour afin d’éviter de se perdre ou de tourner en rond dans ce qui peut être un véritable labyrinthe.

Une ville où le métro et les bus sont également fluviaux : les fameux vaporetti qui sillonnent tous les quartiers de la cité lacustre et qui permettent de rejoindre les îles éloignées de Burano connue pour ses dentelles et ses maisons colorées ou de Murano et ses verriers réputés, par exemple.

Mais aujourd’hui, la physionomie de Venise vidée de ses nombreux touristes a bien changé, certains ont même pu constater que les eaux étaient redevenues transparentes et que les canaux ne subissent plus la pollution des bateaux à moteur…

Le Fameux Carnaval dont l’origine remonte au Moyen-âge battait son plein durant le mois de février et attirait des foules d’amateurs de costumes et de masques qui arpentaient chaque recoin de la cité a d’ailleurs dû être interrompu cette année alors que la Pandémie progressait à grande vitesse….

La ville toujours belle, plus propre mais devenue déserte espère renouer avec les beaux jours d’antan qu’affectionnaient tous les romantiques et autres amoureux de la terre mais peut être en misant sur une nouvelle forme de tourisme que cet épisode douloureux va probablement inciter tout comme l'arrêt de la spéculation immobilière excessive qui pousse les Venitiens vers la périphérie….

Retour en arrière : quelques photos prises lors d’un voyage de trois jours à Venise, en Février 2017, en pleine période de carnaval et en attendant, la tentation de Venise reste plus que jamais présente….

 

Bon Voyage…

Partagez cette page