Chemin du Gâtinais
Chemin du Gâtinais
Lavoir de Chalou-Moulineux (Beauce)
Lavoir de Chalou-Moulineux (Beauce)
Le Coudray-Montceaux, lisière de la Brie...
Le Coudray-Montceaux, lisière de la Brie...
Dourdan, Capitale du Hurepoix...
Dourdan, Capitale du Hurepoix...

CARTE BLANCHE A ....YVES DIONAY

Yves DIONAY

Yves DIONAY

L’ESSONNE :

REGION PARISIENNE OU QUATRE PAYS ?

« D’où venez-vous ? »

« De Paris », « de la banlieue de Paris », « de la région parisienne » … Ce sont les réponses les plus fréquentes ; plus rarement « d’Essonne », encore moins « d’Ile de France ».

Quant à une localisation géographique plus précise, c’est beaucoup plus rare.

Pourquoi ? Par nombrilisme orgueilleux, se raccrochant à ce que certains pensent être la plus belle ville du monde ?  Ou au contraire, pour être plaints (à cause des transports, prix élevés, sécurité dans certains quartiers) ? Ou tout simplement par ignorance géographique, historique et culturelle, ou enfin par désintérêt pour la région, enfermement dans un petit monde égocentrique ?

Pourtant, à l’instar des autres régions, l’Ile de France est constituée de pays ayant leur identité. L’Essonne en compte quatre : le Hurepoix, la Beauce, le Gâtinais et la Brie. Découvrons leurs spécificités.

Etréchy.

Etréchy.

LE HUREPOIX

Le Hurepoix couvre une grande partie du nord, du centre et du sud du département. Il s’étend du nord d’Etampes, ou d’Etréchy, jusqu’à la Seine et donc Paris et le sud des Hauts de Seine.

Sa partie nord, intégrée à la banlieue de Paris (Massy, Longjumeau …) est très urbanisée, même si l’on trouve encore des zones agricoles (Limours) ou d’habitat peu dense (Bièvres, Gif sur Yvette). Sa partie sud compte encore de nombreux bourgs et villes de caractère rural, malgré l’attrait professionnel pour l’agglomération parisienne Dourdan, Etréchy, Saint Chéron, Arpajon …) et une tendance à l’expansion des lotissements.

C’est un ensemble de plateaux fertiles, prolongement nord de la Beauce, séparés par des vallées creusées par les affluents et sous-affluents de la Seine (Orge, Essonne, Juine, Yvette …). Ces vallées concentrent la population. Les pentes souvent abruptes sont couvertes de forêts.

Le Hurepoix a longtemps été une importante région pour la fourniture de blé (sur les plateaux) et de maraîchage (dans les vallées) pour les marchés parisiens.

Le Hurepoix s’est formé au gré des avancées et régressions marines au milieu de l’ère tertiaire (variations du niveau de la mer dues en grande partie aux périodes de refroidissement et de réchauffement du climat … ça ne date pas d’aujourd’hui !) ; le fond des vallées est surtout constitué de marnes, de calcaire, les dépôts siliceux ayant donné la meulière dont sont faits les murs des constructions anciennes. Difficile d’imaginer qu’à cette époque, la région avait l’aspect d’une lagune tropicale !

Avec les régressions marines, d’importants dépôts de sable blanc, dit de Fontainebleau (utilisés pendant longtemps pour la verrerie de qualité et la porcelaine)se sont déposés, ils ont été érodés et creusés profondément par les rivières. A leur sommet, se sont formés des blocs de grès qui rétrécissent par endroits les vallées. Les carrières de grès ont fourni de grandes quantités de pavés, pour l’empierrage des routes, des trottoirs et la construction d’habitations.

Au sommet, on retrouve les dépôts de calcaire de Beauce qui furent recouverts de lœss, limon fertile, lors des dernières glaciations. Ce sont des zones de culture extensive.

La Beauce à Monnerville

La Beauce à Monnerville

LA BEAUCE

Sans doute le pays dont l’image et l’identité sont les plus marquées. La Beauce couvre le sud du département, au sud d’Etampes à peu près (ou un peu plus au nord, la limite avec le Hurepoix est assez floue). Pas de grandes agglomérations beauceronnes en Essonne, de gros bourgs tels qu’Angerville et des villages peu peuplés, constitués de fermes groupées autour de la mare, de l’église et du château d’eau. Des petits lotissements s’y implantent, prix du terrain oblige.

La Beauce, c’est un immense plateau entaillé sur le rebord nord par les vallées naissantes des rivières hurepésiennes (et non hurepoises, comme on peut le voir parfois).comme la Juine vers Méréville. C’est le domaine de l’agriculture extensive, céréales, betterave sucrière). Afin de régénérer des sols épuisés par des siècles de culture (et donc tenter par endroits de limiter l’usage de produits chimiques en tout genre), une rotation des cultures est parfois mise en place sur la frange nord (pois, pavot ornemental …).

Au milieu de l’ère tertiaire, après la période de dépôt des sables de Fontainebleau, un immense lac tropical s’est creusé, entraînant le dépôt de calcaire lacustre. Les périodes de glaciation ont permis d’épais dépôts de lœss, limon très fertile qui a permis après défrichement au moyen âge le développement de la grande culture céréalière (la platitude ayant favorisé l’utilisation d’engins agricoles). Des bosquets ont été conservés pour le gibier. L’horizon ponctué de fermes et de châteaux d’eau s’enrichit depuis une décennie de forêts d’éoliennes, captant des vents que rien ne peut arrêter.

Menhir du Paly
Entre Maisse et Milly la Forêt..

Menhir du Paly
Entre Maisse et Milly la Forêt..

LE GÂTINAIS

Le Gâtinais français (par opposition au Gâtinais orléanais, plus au sud) couvre une petite partie du sud-est du département. Sa ville emblématique est Milly la Forêt. C’est le pays qui éveille le plus d’idées positives, grâce à son miel, son pain d’épices, ses herbes médicinales (cf Yves Dionay « Gastronomie de l’Essonne » dans ce blog), mais aussi son parc naturel régional (dont l’ouest est situé dans le Hurepoix !).

Le Gâtinais ressemble aux deux pays précédents, il est juste légèrement plus vallonné et abrite de grandes forêts (Milly, Trois pignons) se rattachant à la forêt de Fontainebleau. Sa formation est identique à celles – ci. Culture extensive et maraîchage sont très présents dans le Gâtinais.

Plateau Briard.
Entre Corbeil et Melun

Plateau Briard.
Entre Corbeil et Melun

LA BRIE

La Brie n’occupe qu’une petite partie nord-est du département, entre la Seine et les départements voisins de Seine et Marne et du Val de Marne. Dans sa partie essonnienne, elle est entièrement urbanisée, intégrée à l’agglomération parisienne. Le département abrite une partie de la forêt de Sénart, véritable poumon vert et espace de loisirs de cette partie de l’Essonne.

Alors, vous qui avez choisi d’habiter notre région, sans renier, évidemment, vos origines souvent provinciales, pourquoi ne pas vous définir comme hurepésien, beauceron … ou Francilien, plutôt que banlieusard ou parisien (si vous habitez en dehors de l’agglomération parisienne) ?

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