LES SANGLOTS LONGS DES VIOLONS (Edito du 6 Juin)

Philippe DUPONT

Philippe DUPONT

Ce matin du 6 juin 1944, un « gars venu de Georgie qui se foutait pas mal de toi est v’nu mourir en Normandie, un matin où tu n’y étais pas » chantait naguère Michel Sardou pour rendre hommage aux « Ricains », sauveurs d’une France occupée et humiliée….

Une incroyable et invincible Armada des temps modernes déferla aux premières lueurs du jour sur le rivage Normand.  Ces valeureux yankees et leurs alliés, la plupart très jeunes foulèrent le sol sableux des plages normandes tandis que d’autres n’eurent pas ce privilège, d’emblée criblés de balles d’un ennemi surpris mais toujours offensif…

C’est la veille que fut décidé le déclenchement de cette très audacieuse opération militaire, au départ des côtes Anglaises qui avaient sû repousser les ardeurs germaniques : avec le dessein d’éradiquer ce « virus », cette peste « brune » provoquée cinq ans plutôt par la folie mégalomaniaque et sanguinaire d’un ancien peintre autrichien raté, un petit Caporal hystérique et revanchard qui voulait que son règne dure plus de 1000 ans et qu’il fallait à présent déloger de sa forteresse Berlinoise pour mettre un terme à une tragédie qui avait causé la mort de près de cinquante millions d’individus….

C’est par quelques vers de Verlaine que la radio diffusa ce message « codé » qui annonçait le déclenchement de cette opération « Overlord » que les Allemands imaginaient se produire logiquement dans le Pas de Calais, plus propice à ce genre d’opération militaire. Ce fut la « première Fake News » de l’histoire. Pour conserver une note poétique, les valeureux soldats US se transformèrent donc en « Rimbaud Warriors » à bord de « bateaux ivres » de reconquête mais la présumée promenade de santé de transforma rapidement en  une véritable « saison en enfer » ….

Si on regarde la 359 -ème rediffusion du « Jour le plus long », on est persuadé que ce matin du 6 juin eut autant d’effervescence qu’un ferry débarquant des vacanciers fébriles sur l’Ile d’Yeu après 55 jours de confinement…mieux vaut revoir « le soldat Ryan » pour bien saisir l’âpreté des combats d’alors….

Soixante-seize ans se sont donc écoulés, et année après année,  l’évènement a toujours été célébré comme il se devait, chaque nation victorieuse se sentant « gardienne » d’une mémoire que l’on ne veut effacer à aucun prix…L’an dernier, pour le 75 -ème anniversaire, Emmanuel Macron avait même invité la Chancelière Angela Merkel aux cérémonies pour définitivement confirmer que « les anciens barbares nazis » étaient à présent « nos amis Allemands » contredisant cependant l’adage « à la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne ».

On y vit aussi Donald Trump, alias « Let’s tweet again » adresser un sourire « commercial » au matois Boris Eltsine comme au bon vieux temps de la « guerre froide ». 

Mais cette année, pour cause de Covid-19, la cérémonie s’est déroulée à huis clos, en présence de la seule secrétaire d’Etat à la Défense, commis d’office. Dommage pour les derniers vétérans encore en vie car cette décennie va probablement voir disparaitre ces témoins d’un épisode unique dans l’histoire de l’humanité…

Mais le souvenir et le sacrifice de ces jeunes hommes resteront ancrés dans la mémoire collective. Hervé Morin, Président de la Région Normandie n’avait-il pas affirmé qu’il « avait vu de ses yeux le Débarquement » pas mal pour quelqu’un né en 1961 ! P’têt ben qu’oui, P’têt ben qu’non, : en fait il voulait dire que c’était inscrit dans l’ADN des Normands…. Là, j’avoue c’est nous qui débarquons…….

LE VERT NOUS VA SI BIEN (Edito du 15 juin)

24 millions de téléspectateurs : pas trop mal mais un peu moins bien tout de même que la fois précédente mais s'approchant de l'audience d’une demi-finale en Coupe du Monde, nous parlons bien sûr de l’allocution présidentielle de ce dimanche 14 juin, la quatrième depuis le début de ce que vous savez….

La prise de parole était très attendue, notamment pour deux raisons : la première concernait la nouvelle carte de France Métropolitaine : deviendrait-elle entièrement verte ? en faisant disparaitre la « grosse tâche orange » de la Région Capitale, quant à la deuxième, elle scrutait la volonté de voir le premier personnage de l’Etat sortir d’un mutisme remarqué depuis la fin du déconfinement sur l’exercice du pouvoir et les sujets d’actualités les plus brulants….

Dans le premier cas, le vœu collectif s’est réalisé : l’ensemble du « territoire national » (Métropole et Outre-Mer) est repassé « au vert » (à l’exception toutefois de la Guyane et de Mayotte, départements jugés encore « à risque ») provoquant un grand « ouf » de soulagement car synonyme de levée de nombreuses barrières : réouverture intégrale des bars et restaurants, des grandes surfaces, des écoles obligatoires, des salles de spectacles et des cinémas ainsi que les tribunaux, la fin des attestations, la reprise progressive de l’appareil productif, etc...etc….

Dans le deuxième cas, Emmanuel Macron se devait de rappeler qu’il était plus que jamais « aux manettes » tandis qu’un certain de nombre de ses opposants le voyait déjà supplanté par son Premier Ministre, plus populaire et plus apte que lui, selon eux, à gérer la crise….

Mais le Maître d’Ecole de l’Elysée a en quelque sorte sifflé « la fin de la récré » balayant d’un revers de la main les spéculations chères aux amateurs de « secrets d’alcôve » ou autres scrutateurs des « antichambres du pouvoir » ….

Après s’être adressé un indispensable « autosatisfecit » durant cet insolite et parfois dramatique épisode pandémique, le Président de la République a incité ses compatriotes, dont une majeure partie a su tordre le cou à notre fameuse réputation de « franchouillards indisciplinés » à continuer de respecter les consignes de sécurité car ce virus si venimeux peut continuer à jouer « à cache-cache » avec ses malheureuses victimes potentielles, c’est-à-dire nous tous, rappelant que la route est encore longue même si l’on parle de l’arrivée pas si éloignée de plusieurs vaccins salvateurs……

En outre, Il n’a pu éviter d’évoquer la question économique, bannissant la probabilité d’un matraquage fiscal pour éponger les méfaits d’un endettement abyssal privilégiant à contrario une « prise de conscience collective » de chacun des français pour relancer la machine économique grippée par deux mois de léthargie mondiale.

Certains détracteurs ont cru lire un message subliminal : le chef de l’état préfèrant jouer le « maitre d’œuvre » de la reconstruction, porteuse du slogan : « travailler plus mais gagner…euh, question suivante » que d’endosser la casquette du « gabelou » cupide qui finit la tête accrochée à un pique……

C’est vrai, un effort devra être fait, en sachant que les mesures sociales généreuses opérées pendant le confinement ont un prix et ne sauveront pas obligatoirement un certain nombre d’acteurs économiques trop fragilisés par la pandémie, et ce, même avec une reprise plus rapide que prévue….

Le Président de la République a enfin fait allusion aux récentes manifestations (malgré l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes) concernant le racisme censé gangréner la Police Nationale et la Maréchaussée, condamnant toute forme de ségrégation, tout autre propos discriminatoire mais fustigeant le communautarisme et ses dérives tout en mettant en garde contre les amalgames, le manichéisme dans lesquels s’engouffrent parfois une opposition en quête de récupération….

Allez, à l’approche d’un été pas tout à fait comme les autres, humons les bonnes odeurs de cette France redevenue « verte », où l’on aime parfois passer les feux à « l’orange » mais évitons surtout de retourner dans le « rouge », on ne confine qu’une fois, promis juré……

Quatre jours plus tôt, le 18 juin 1940, Il avait déjà lancé un premier appel au micro de la BBC, invitant toutes les forces vives tricolores (militaires, ingénieurs, ouvriers) se trouvant sur le sol britannique à venir le rejoindre pour dire non à un armistice signé la veille entre une France vaincue et son adversaire Allemand triomphant, qui avait déjà commencé à faire claquer le bruit des bottes dans toute la partie nord de l’Hexagone……

Bien que passé à la postérité, l’appel en question ne fut guère entendu par nos concitoyens et plus grave encore, faute de moyens techniques, il ne fut pas enregistré. De toute façon, à l’époque :  pas de réseaux sociaux pour relayer l’évènement et les « followers » se seraient comptés de toute façon sur les doigts d’une main, ni de chaînes d’info avec le point de vue d’éditorialistes éclairés pour « décortiquer » le contenu du texte…. Non, juste quelques lignes dans quelques rares journaux régionaux (« le petit Provençal »), notamment…

Mais la détermination de l’auteur de l’appel ne fut pas pour autant anéantie par ce « flop médiatique » car il en fallait plus pour faire renoncer Charles de Gaulle, 50 ans, Général de Brigade à titre provisoire qui se faisait de la France, « une autre idée que celle d’un pays vaincu « ad vitae aeternam » par la Germanie et son allié Italien….

Il enregistra donc un deuxième appel rendu nécessaire par l’humiliant armistice imposé par un Hitler, enivré par son triomphe insolent et surtout son obsession de revanche sur ceux qui avaient également fait signer à son pays l’acte de la capitulation dans le wagon de « Rethondes » le 11 novembre 1918 avec des conséquences également humiliantes pour l’Allemagne suite au « Traité de Versailles », décida sans accorder la moindre concession de retourner dans le même wagon pour réécrire l’histoire cette fois à sa façon……

Mais ce deuxième appel avait surtout pour dessein de générer le premier embryon de « résistance nationale », nécessaire dans toute lutte armée face à un opposant mais en partant du principe qu’il n’y a pas de « citadelle imprenable » ….

En somme, un peu le combat entre « David et Goliath », rendu encore plus incertain dans l’instant présent : qui pouvait souscrire aux « propos de reconquête » d’un quasi-inconnu, « déserteur de surcroit » qui n’allait pas tarder à être « condamné à mort », « déchu de sa nationalité française avec confiscation de tous ses biens » face à un Maréchal Pétain, « héros de Verdun » qui avait accepté de « faire le don de sa personne » à une France défaite et dont lui seul pouvait sauver l’honneur, adoubé par près de « quarante millions de Maréchalistes » ?.

Peu de monde, mais du monde quand même : dans une ile perdue aux larges des Côtes Bretonnes : Sein qui trompa le dicton « qui voit Sein voit sa fin » le tronqua pour « Qui est à Sein, voit son destin », une centaine d’hommes entre 14 et 67 ans, soutenus par leur « Recteur » s’embarquèrent pour une Albion, devenue salvatrice laissant la perfidie aux belliqueux chevaliers teutons….

Ils constitueront avec le concours de quelques intellectuels inspirés qui côtoieront durant les quatre ans de lutte, de plus en plus d’hommes et de femmes souvent jeunes, animés par autant d’audace que d’insouciance mais qui furent sensibles au discours de celui qui allait devenir le chef de la « France Libre » qui reconnaissait à voir perdu une bataille mais certainement pas la guerre….

L’appel du 22 juin sera donc celui de la Résistance Extérieure grâce au Ralliement de l’Empire Colonial tout en portant sur les fonts baptismaux la Résistance intérieure et mutualisant toutes les différences idéologiques ainsi que les multiples compétences stratégiques, porteuses de « combattants de l’ombre » dont beaucoup connurent des destins aussi héroïques que tragiques.

Mais le déjà visionnaire De Gaulle savait qu’il ne parviendrait à la reconquête désirée que grâce au concours de ses « alliés », d’abord les Anglais avec un Churchill, complice de la première heure et a posteriori les Américains (ce sera plus compliqué avec un Roosevelt soupçonneux) pour bouter les « Germains » hors de sa terre natale tout mettant en exergue non pas seulement la résolution d’un combat « franco-allemand » mais l’éradication d’un « conflit mondial » dont on connaitra par la suite les conséquences en perte humaine et en bouleversement des équilibres territoriaux……

On connait la suite : quatre ans après l’appel, le « paria » de 1940 entra dans un « Paris martyrisé mais libéré » et les « cloches de Notre Dame » sonnèrent avec ardeur pour mieux faire étouffer les ultimes bruits de botte de la déroute.

« Quarante millions de Gaullistes » l’acclamèrent sans faille, qu’ils soient inconditionnels ou convertis de la « dernière heure », le considérant comme celui qui privilégia « l’intérêt supérieur de la Patrie » contre le nauséabond « travail, famille, patrie » prôné par le vieux Maréchal, héros soudain banni mais qui sera gracié par celui qu’il avait lui-même condamné à mort quatre ans plus tôt...

Le vainqueur du jour n’appliqua pas « le malheur aux vaincu » en « raison de son grand âge » ou peut-être subconsciemment pour éviter de mettre « la cerise sur le gâteux », en souvenir du temps où le futur homme de Colombey l’avait pour mentor et servait de « plume » au futur exilé de l’Ile d’Yeu….

Quatre-vingts ans après, l’événement a été dignement célébré, aussi bien par les acteurs de moins en moins en moins nombreux de cette incroyable page d’histoire que par les générations nouvelles afin que nul n’oublie les raisons de ce combat contre la barbarie.

Certains observateurs aiment à rappeler que chacun d’entre nous « a été, est ou sera Gaulliste », belle formule mais dont la résonnance porte désormais plutôt sur la dimension historique que politique ou sociale, à moins qu’elle ne fasse allusion ,de façon subliminale, a rien d’autre que l’idée du « rassemblement » pour un projet commun qu’un homme exceptionnel a su incarner un moment donné……

LA SOLITUDE DU COUREUR DE FOND (Edito du 22 juin)

Quatre jours plus tôt, le 18 juin 1940, Il avait déjà lancé un premier appel au micro de la BBC, invitant toutes les forces vives tricolores (militaires, ingénieurs, ouvriers) se trouvant sur le sol britannique à venir le rejoindre pour dire non à un armistice signé la veille entre une France vaincue et son adversaire Allemand triomphant, qui avait déjà commencé à faire claquer le bruit des bottes dans toute la partie nord de l’Hexagone……

Bien que passé à la postérité, l’appel en question ne fut guère entendu par nos concitoyens et plus grave encore, faute de moyens techniques, il ne fut pas enregistré. De toute façon, à l’époque :  pas de réseaux sociaux pour relayer l’évènement et les « followers » se seraient comptés de toute façon sur les doigts d’une main, ni de chaînes d’info avec le point de vue d’éditorialistes éclairés pour « décortiquer » le contenu du texte…. Non, juste quelques lignes dans quelques rares journaux régionaux (« le petit Provençal »), notamment…

Mais la détermination de l’auteur de l’appel ne fut pas pour autant anéantie par ce « flop médiatique » car il en fallait plus pour faire renoncer Charles de Gaulle, 50 ans, Général de Brigade à titre provisoire qui se faisait de la France, « une autre idée que celle d’un pays vaincu « ad vitae aeternam » par la Germanie et son allié Italien….

Il enregistra donc un deuxième appel rendu nécessaire par l’humiliant armistice imposé par un Hitler, enivré par son triomphe insolent et surtout son obsession de revanche sur ceux qui avaient également fait signer à son pays l’acte de la capitulation dans le wagon de « Rethondes » le 11 novembre 1918 avec des conséquences également humiliantes pour l’Allemagne suite au « Traité de Versailles », décida sans accorder la moindre concession de retourner dans le même wagon pour réécrire l’histoire cette fois à sa façon……

Mais ce deuxième appel avait surtout pour dessein de générer le premier embryon de « résistance nationale », nécessaire dans toute lutte armée face à un opposant mais en partant du principe qu’il n’y a pas de « citadelle imprenable » ….

En somme, un peu le combat entre « David et Goliath », rendu encore plus incertain dans l’instant présent : qui pouvait souscrire aux « propos de reconquête » d’un quasi-inconnu, « déserteur de surcroit » qui n’allait pas tarder à être « condamné à mort », « déchu de sa nationalité française avec confiscation de tous ses biens » face à un Maréchal Pétain, « héros de Verdun » qui avait accepté de « faire le don de sa personne » à une France défaite et dont lui seul pouvait sauver l’honneur, adoubé par près de « quarante millions de Maréchalistes » ?.

Peu de monde, mais du monde quand même : dans une ile perdue aux larges des Côtes Bretonnes : Sein qui trompa le dicton « qui voit Sein voit sa fin » le tronqua pour « Qui est à Sein, voit son destin », une centaine d’hommes entre 14 et 67 ans, soutenus par leur « Recteur » s’embarquèrent pour une Albion, devenue salvatrice laissant la perfidie aux belliqueux chevaliers teutons….

Ils constitueront avec le concours de quelques intellectuels inspirés qui côtoieront durant les quatre ans de lutte, de plus en plus d’hommes et de femmes souvent jeunes, animés par autant d’audace que d’insouciance mais qui furent sensibles au discours de celui qui allait devenir le chef de la « France Libre » qui reconnaissait à voir perdu une bataille mais certainement pas la guerre….

L’appel du 22 juin sera donc celui de la Résistance Extérieure grâce au Ralliement de l’Empire Colonial tout en portant sur les fonts baptismaux la Résistance intérieure et mutualisant toutes les différences idéologiques ainsi que les multiples compétences stratégiques, porteuses de « combattants de l’ombre » dont beaucoup connurent des destins aussi héroïques que tragiques.

Mais le déjà visionnaire De Gaulle savait qu’il ne parviendrait à la reconquête désirée que grâce au concours de ses « alliés », d’abord les Anglais avec un Churchill, complice de la première heure et a posteriori les Américains (ce sera plus compliqué avec un Roosevelt soupçonneux) pour bouter les « Germains » hors de sa terre natale tout mettant en exergue non pas seulement la résolution d’un combat « franco-allemand » mais l’éradication d’un « conflit mondial » dont on connaitra par la suite les conséquences en perte humaine et en bouleversement des équilibres territoriaux……

On connait la suite : quatre ans après l’appel, le « paria » de 1940 entra dans un « Paris martyrisé mais libéré » et les « cloches de Notre Dame » sonnèrent avec ardeur pour mieux faire étouffer les ultimes bruits de botte de la déroute.

« Quarante millions de Gaullistes » l’acclamèrent sans faille, qu’ils soient inconditionnels ou convertis de la « dernière heure », le considérant comme celui qui privilégia « l’intérêt supérieur de la Patrie » contre le nauséabond « travail, famille, patrie » prôné par le vieux Maréchal, héros soudain banni mais qui sera gracié par celui qu’il avait lui-même condamné à mort quatre ans plus tôt...

Le vainqueur du jour n’appliqua pas « le malheur aux vaincu » en « raison de son grand âge » ou peut-être subconsciemment pour éviter de mettre « la cerise sur le gâteux », en souvenir du temps où le futur homme de Colombey l’avait pour mentor et servait de « plume » au futur exilé de l’Ile d’Yeu….

Quatre-vingts ans après, l’événement a été dignement célébré, aussi bien par les acteurs de moins en moins en moins nombreux de cette incroyable page d’histoire que par les générations nouvelles afin que nul n’oublie les raisons de ce combat contre la barbarie.

Certains observateurs aiment à rappeler que chacun d’entre nous « a été, est ou sera Gaulliste », belle formule mais dont la résonnance porte désormais plutôt sur la dimension historique que politique ou sociale, à moins qu’elle ne fasse allusion ,de façon subliminale, a rien d’autre que l’idée du « rassemblement » pour un projet commun qu’un homme exceptionnel a su incarner un moment donné……

MAIRE COURAGE (EDITO DU 30 JUIN)

Imaginez un enfant à qui les parents demandent : « que comptes-tu faire quand tu seras plus grand ? » Et lui de répondre du tac au tac « Eh bien, je veux être…Maire ». « Maire ? Ah, le joli métier, si petit et déjà de l’ambition ! » répondront certains avec fierté tandis que d’autres soupireront : « Maire, mais tu n’y penses pas, c’est un métier dangereux, tu veux finir comme les Balkany ? »

Après la plus longue campagne municipale de l’histoire de la Cinquième République pour cause de pandémie, on aura vu un second tour se dérouler trois mois après le premier, agrémenté de quelques épisodes aussi insolites que cocasses : des maires battus au premier tour condamnés à jouer les prolongations tandis que leurs « tombeurs » trépignaient sur les « bancs de touche » sans oublier les trente mille heureux vainqueurs du Marathon du 1 er tour qui scrutaient au loin, non sans inquiétude, les cinq mille autres potentiels vainqueurs du second tour afin de pouvoir fermer « la boucle » avec ces retardataires malgré eux……

Mais ce dimanche 28 juin, la page des élections municipales a pu se refermer ou presque car vendredi prochain, ce sera le 3 -ème tour concernant alors l’élection du maire et de ses adjoints et qui clôturera définitivement cette consultation électorale ….

35 000 maires seront tous élus en Métropole comme dans les Outremers. Un mandat de six ans, plus long que celui du Chef de l’Etat ou d’un Député mais identique à un sénateur ou un conseiller départemental.

Six ans, dans une vie c’est court mais au cours d’un mandat c’est plutôt long et surtout très chronophage…

Sitôt élu, le premier magistrat se transforme presqu’en moine-soldat : les trente-cinq heures, les week-ends prolongés ou autres vies de loisirs sont à ranger au placard, sans parler d’une vie de famille parfois un peu mise entre parenthèses car on devient maire 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an…….

Mais pour autant, est-ce un métier ou plutôt « une fonction » que l’on occupe en plus de son travail quotidien ? La question mérite d’être posée tant l’image qu’incarne le premier magistrat d’une commune a pu évoluer de façon considérable…

On peut affirmer qu’il s’agit à présent d’un véritable « statut » depuis les lois de 1992 qui ont mis en exergue plusieurs mesures concernant aussi les codifications des indemnités de fonction, que les droits à la formation ou encore un régime de retraite et de congés ouvrant les voies à une professionnalisation évidente…

Aux dires de beaucoup, il reste le « mandat politique » le plus apprécié par la majorité des Français même si ces derniers s’abstiennent de plus en plus (même hors COVID) tout en contestant paradoxalement la légitimité des édiles municipaux élus par un faible nombre d’électeurs inscrits !

Naguère, le maire pouvait se contenter d’être uniquement un notable qui déposait des gerbes de fleurs sur les monuments aux morts lors des célébrations ou qui faisait des courbettes dans les salons lambrissés des sous-préfectures…

Aujourd’hui, les concitoyens exigent qu’il soit disponible, dynamique, compétent, porteur de projets emballants et surtout porteur de valeurs d'honneteté sans faille....

Le couperet peut vite tomber si le Maire s’égare dans le « hors-piste » : celui qui mène au clientélisme, au copinage, conflits d’interêts ou aux autres abus de pouvoir qui ont pu entraîner une forme de judiciarisation de l’action publique, incitant de facto certains élus à ne pas vouloir se représenter par crainte d’avoir en permanence l’épée de Damoclès au-dessus de leur tête tandis que les aspirants-candidats d’abord attirés par le chant des sirènes au son de « que Marianne était jolie » craindront finalement de susurrer « que diable suis-je venu faire dans cette galère ? »

La crise des vocations n’est jamais très loin mais restons optimistes « Devenir maire » reste tendance et s’avère être  une expérience qui enrichira personnellement (à défaut de financièrement) tout homme ou toute femme ceint de l’écharpe tricolore qui occupera la fonction.

C’est vrai, les récentes enquêtes ont montré que le portrait-robot du maire est celui d’un homme blanc, de plus de cinquante ans, souvent retraité et issu des Catégories moyennes et supérieures. Les femmes, malgré la parité n’occupent le fauteuil de maire à moins de 20 % tout comme les catégories populaires….

Le maire est généralement élu à la tête d’une majorité large et solide et peut affirmer  ainsi son leadership durant les six ans de son mandat face à une opposition certes représentée mais qui ne peut  pas constituer un réel danger pour lui….

Oui, le maire contrôle tous les rouages de l’action municipale, est officier de police judiciaire et peut retirer ses délégations à des adjoints frondeurs ou récalcitrants…Il sait cependant que deux craintes peuvent le hanter durant son mandat : être dans le viseur de la Cour régionale des Comptes en cas de gestion hasardeuse et en fin de mandat subir les foudres d’électeurs mécontents de son action qui peuvent alors mettre un terme à son bail….

Avec le développement imposé des Communautés de communes, (elles sont plus de 1200 en France), le maire qui naguère aimait « Clochemerle » doit a présent composer avec ses collègues, craignant toutefois de perdre la majorité de ses pouvoirs au profit de l’intercommunalité, d’où l’idée de développer des « conseils de maires » au sein de ces instances afin de pouvoir renforcer de façon significative la position de chacun d’entre eux….

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