LED ZEPPELIN

BRASSENS BREL FERRE

WOODSTOCK

VOYAGE AU COEUR DE LA PLANETE POP

Well it's 1969 okay
All across the USA
It's another year
For me and you
Another year
With nothing to do

-Iggy Pop and The Stooges-

 

DADDY NOSTALGY

 

Mettons-nous dans la peau d’un vieux rocker qui a vécu cette année-là. On sentira chez lui certainement pas mal de nostalgie car la dernière année des « sixties » fut indéniablement un grand cru que l’on redégustera sans modération avec un goût parfumé dans la bouche…. En refeuillant les pages jaunies de « Rock n’Folk », on marmonnera « P…, toute une époque ! »…

C’était l’époque de la rivalité entre deux groupes britanniques : « Les Beatles » et les « Rolling Stones » tous les deux nés en 1962 dans une Angleterre prospère tant au niveau économique que musical….

Le premier, composés de petits gars de Liverpool connaissait un succès planétaire phénoménal, provoquant même des émeutes lors de concerts mémorables à travers le monde, devenant des icones nationales au point que la Reine Elizabeth II leur décerna en 1965, la médaille de l’ordre de la couronne britannique au grand dam de l’ordre établi…

Les deux leaders (et rivaux) : John Lennon et Paul Mc McCartney composèrent la plupart des morceaux phares du groupe : du plus gentillet (surtout première période) au plus ambitieux (période 1966-70) jusqu’à ce fameux album « Abbey road » lorsque la pochette nous montre les « fab four » traverser le passage piétons à la queue Leleu » les pieds nus pour se rendre au studio… Mais ça sent plutôt le sapin car des menaces de séparation planent sur le groupe, ce qui se concrétisera au printemps 1970, bien que John Lennon ait déjà quitté le groupe dès l’automne 1969 pour entamer une carrière solo avec son épouse Yoko Ono….

D’ailleurs cet album sera le dernier que les Beatles enregistreront comme tous les précédents albums. Celui aura d’ailleurs été vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde… Citons les morceaux phares : « Hère Comes the Sun » écrit et composé par George Harrison ou encore « Octopus’Garden » par Ringo Starr sans oublier bien sûr « Come together » du tandem Lennon-Mc Cartney. Fin de clap

Côté Rolling Stones, la séparation n’est pas à l’ordre du jour malgré le départ de celui qui est considéré comme le « fondateur » de la formation, Brian Jones. Longtemps leader, ce musicien autant surdoué que déjanté s’est perdu dans ses délires d’alcool et de paradis artificiels divers et devenu instable tant au niveau professionnel que sentimental, se fait progressivement voler la vedette par le tandem Jagger-Richards (pas forcément exempt de dérapages similaires, cependant). Un mois à peine après avoir quitté la formation, on le retrouve mort dans la piscine de sa propriété de la banlieue sud de Londres : il n’avait que 27 ans…intégrant ainsi ce qui constituera le fatal « club des 27 » : Jimi Hendrix, Jim Morrison, Kurt Cobain ou encore Janis Joplin….

Cette année-là, les « Stones » qui ont opéré le remplacement de Brian Jones par Mick Taylor tournent avec Jean-Luc Godard le documentaire « One plus One » dans lequel on les voit répéter « Sympathy for the Devil » puis ils organiseront une tournée Américaine qui se terminera par le tragique concert organisé lors du mini festival d’Altamont, sorte de Woodstock bis mais qui dégénèrera dans la violence la plus absolue avec cinq victimes de bagarres entre les Hell’s Angels et plusieurs spectateurs déjantés…..

Ce tragique concert d’Altamont sonne probablement le glas de ce que l’on appelé le phénomène hippie qui s’était surtout répandu sur la côte ouest des Etats-Unis mais dans quelques recoins de notre bonne vieille Europe…

Pourtant, il trouvera son apogée avec le mémorable festival de Woodstock qui se tiendra pendant trois jours de « paix, d’amour et de musique » en août 1969, dans une petite localité de l’Etat de New York. Prévu pour accueillir 50 000 spectateurs, il y en aura 20 fois plus !

L’évènement sera immortalisé par la caméra de Michael Wadleigh et permettra de découvrir les 32 groupes de folk, soul ou de rock qui se produiront. Malgré une météo peu clémente et des problèmes de logistique, l’évènement va entrer dans l’histoire non seulement musicale mais également sociologique. Il permettra également de « booster » la carrière de Jimi Hendrix, Carlos Santana ou Joe Coocker, l’ancien plombier de Sheffield qui entonnera pour l’occasion un morceau des Beatles….

Citons la présence des Who, de Grateful Dead, de Crosby, Stills, Nash and Young encore de Joan Baez alors que les Rolling Stones et les Beatles ou encore les Doors n’y participeront pas mais pour des raisons variées……

 

Ils sont arrivés dans l'île nue
Sans un bagage et les pieds nus
Comme un cyclone inattendu
Comme une fleur avant la saison
Comme une pluie de papillons
À laquelle on n’a jamais cru

Michel Delpech « Wight Is Wight”.

 

1969 sera vraiment l’année des « Festivals », même l’Europe s’y met avec Amougies, une petite localité rurale Belge non loin de la frontière Française qui remplaçait la manifestation initialement prévue à Paris mais qui fut annulée par peur de débordements (mai 1968 était encore tout proche) ou bien sûr l’Ile de Wight, au sud de l’Angleterre qui accueille 150 000 spectateurs cette année-là avec comme têtes d'affiche: les Who, Bob Dylan, King Crimson ou encore les Moody Blues et qui réitèrera l’évènement en 1970….

Mais cette année-là, si elle marque la fin de l’ère psychédélique et du mouvement hippie va voir l’émergence de grands groupes de légende : à commencer par Led Zeppelin, groupe britannique composé notamment de Robert Plant et de Jimmy Page, ancien des Yardbirds et qui sort alors son premier album avec le tube « Communication breakdown ». Il règnera sur la scène rock tout au long des deux décennies suivantes, tout comme les Who qui avaient démarré en 1965, notamment avec « My Generation » et qui sort alors « Tommy » qui deviendra un film à succès en 1975.

N’oublions pas les Kinks, groupe inoubliable de ces années 60, auteur de « You really Got me » et qui tentèrent de réaliser le premier opéra-rock de l’histoire « Arthur » mais le projet fut avorté faute de moyens.

King Crimson fut également un groupe de référence pour de nombreux artistes pop, lorsque sort l’album « In the court of Crimson King » propulse ce groupe de rock progressif au firmament de la planète rock en cette année 69 avec des morceaux comme « I talk to the wind »…

Les Doors, issu de la Côte Ouest des USA ont commencé leur carrière en 1965 avec à leur tête Jim Morrison, poète charismatique et provocateur jusqu’à l’obscénité sur scène comme ce sera le cas lors d’un concert à Miami qui manqua de tourner à l’émeute. Hormis les frasques du chanteur, retenons plutôt « Morrison Hotel » l’album qui sort cette année-là ainsi que « Absolutely live ». Mais le poète maudit, sorte de Rimbaud du Rock, finira sa courte existence à Paris à l’âge de 27 ans….

Jimi Hendrix, musicien américain exilé au Royaume-Uni et qui fut même l’éphémère guitariste de Johnny Hallyday, « inventeur » de la pédale wahwah et guitariste hors du commun, produisant avec son groupe « Experience » une musique et une tonalité très en avance sur leur temps. Il mourra subitement à l’âge de 27 ans a l’instar de Jim Morrison et Brian Jones….

Dans un genre très différent, Simon et Garfunkel, duo mythique, auréolé de son triomphe avec la musique du film « Le Lauréat » et Mrs Robinson, sort « The boxer » et enregistre le chef-d’œuvre « Bridge over trouble water » qui sortira début 1970.

Mais les deux copains d’enfance, habitués à des relations tumultueuses finiront par se séparer en 1970. Ils se retrouveront cependant en 1981 lors de leur mémorable concert à Central Park à New York….

Les Stooges, un groupe de Chicago créé en 1967 avec à sa tête James Osterberg, plus connu sous le nom d’Iggy Pop, personnage forcément déjanté voire sulfureux, hier comme aujourd’hui où il s’est révélé être un des précurseurs du mouvement Punk Rock qui perdure aujourd’hui comme ce fut le cas du Hard Rock en 1968 à Detroit, capitale de l’automobile, de l’écurie phonographique Motown qui révéla tant de talents dans cette décennie 60 : La tribu Jackson, Diana Ross, les Temptations, Marvin Gayes, etc… et bien sûr le mythique MC5, avec son leader Fred « Sonic » Smith  et ses « White panthers » prête à « foutre le bordel » avec le décapant « Kick out the Jams»…..

Cette année-là voit également éclore deux talents autant excentriques qu’uniques : Elton John et surtout David Bowie qui sort « Space Oddity » sorte de clin d’œil à l’épopée spatiale et au premier pas de l’homme sur la lune et qui traverseront les décennies ultérieures sans être jamais démodé….

Côté « variété pop », l’année est également un millésime savoureux : « It’s five o’clock » et « I Want to live » des Aphrodite’s Child, avec les exilés Grecs Demis Roussos et Vangélis qui passeront à la vitesse supérieure en 1970 avec un des plus grands chefs d’œuvre de l’histoire pop « 666 », le signe de la bête immonde, tout un programme…. Wallace Collection, groupe Belge comme on ne peut pas le deviner connaîtra son heure de gloire avec le lancinant « Daydream » mais qui restera leur unique tube ou encore « Sympathy » de Rare Bird qui caracoleront en tête des charts du monde entier….

 

MADE IN FRANCE

« Le Rock Français, c’est comme le vin Anglais »

John Lennon.

Cette phrase prononcée par l’ancien Beatles est d’un humour grinçant mais quelque peu injuste : non le Rock Français existe, même si dans ces débuts, surtout à l’époque des Yé-Yés, il se contentait de singer les « grands frères américains » avec des reprises de leurs tubes souvent approximatifs….

Cette année 1969 va porter sur les fonts baptismaux de nombreux groupes tricolores qui n’auront rien à envier aux voisins d’Outre-Manche ou d’Amérique….C’est l’année ou des formations musicales comme Zoo, Martin Circus (première version, avec Patrick Dietsch, Gérard Pisani et Bob Brault), Triangle, les trois Jean de Nantes (futurs Tri Yann), Ange ou encore l’hallucinant Magma, fondé par le batteur, Christian Vander font leur apparition pour tenir le devant de la scène durant toute la décennie suivante….

Ce dernier groupe va jusqu’à inventer un langage, le Kobaien (inspiré de beaucoup d’idiomes germaniques) certainement pour défier la (déjà) suprématie de l’Anglais en tentant d’imposer une sorte d’Esperanto musical….

Mais la plupart de ces groupes connaissent des débuts difficiles, nous l’avons vu auparavant, Mai 68 n’est pas loin et la possibilité d’organiser des manifestations musicales (comportant des risques de débordements) est très restreinte ainsi que les infrastructures pour les accueillir sont peu nombreuses. C’est l’époque glorieuse des MJC que le pouvoir Gaulliste peu connu pour être Rock n’Roll a mis en place depuis quelques années… L’absence de festivals sur l’hexagone ne facilite pas non plus l’essor de ces groupes.

Il existe pourtant des publications pour commenter l’actualité musicale : Rock n’Folk a été créé en 1966 par Philippe Koechlin, un journaliste fondu de Jazz et qui a vu que le créneau du rock et du folk pouvait être porteur à plus ou moins long terme…Les lecteurs peuvent découvrir aussi bien les groupes Américains, que Britanniques ou Français…

 

«24 heures sur 24, la vie serait bien dure, si l’on n’avait pas le Pop Club » avec …José Artur ».

Générique de l’émission de France Inter interprété par Les Parisiennes - (Musique de Claude Bolling)

 

Le paysage radiophonique est alors bien plus réduit qu’aujourd’hui, car les ondes sont un monopole d’état, cependant France Inter diffuse chaque soir le « Pop Club » de José Artur. Cette émission mythique (qui durera 40 ans) a été lancée en 1965, elle brille par l’impertinence de son animateur qui n’hésite pas à persifler et surtout diffuser à l’antenne les morceaux des groupes pop de l’époque. Des jeunes animateurs anglophiles et avertis qui ont pour nom Pierre Lattès, Patrice Blanc-Francart ou encore Claude Villers y font leurs premières armes, attirant un auditorat plus jeune…ils seront rejoints par la suite par Bernard Lenoir…….

Sur Europe 1, dans la non moins mythique « Campus » émission du regretté Michel Lancelot, apôtre de la Contre-Culture, la musique Rock a également une place de choix. L’émission sera supprimée en 1973…

La télévision avait diffusé jusqu’en 1968 une émission consacrée à la culture rock, appelée « Bouton rouge », produite par Alain de Sédouy et André Harris, elle était présentée notamment par Pierre Lattès et même par un certain…Michel Drucker ! Mais les évènements de mai avaient mis fin à son existence. Il faudra attendre Pop 2, cette nouvelle émission sera diffusée en 1970 sur la 2 -ème Chaîne et présentée par Patrice Blanc-Francart pour retrouver ce type de programmes. Il est vrai que l’étrange lucarne qui avait connu une grosse purge de ses effectifs les plus réfractaires (grande grève de mai-juin 68) connaissait une période de libéralisation voulue par le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas (malgré la franche hostilité du Président Pompidou).

Mais l’expérience tournera court et il faudra attendre 1982 (un an après l’arrivée au pouvoir de la Gauche) et la création des « Enfants du Rock » par Pierre Lescure, futur patron de Canal Plus pour retrouver ce créneau à plus long terme…….

 

B-B-F

Au début de l’année, le journaliste François-René Christiani a la lumineuse idée de réunir autour d’un micro (celui de RTL), les trois grands de la chanson Francophone du moment : le français Georges Brassens, le Belge Jacques Brel et le Franco-Monégasque Léo Ferré. Qui ne connait pas cette célébrissime photo prise par Jean-Pierre Leloir dans un appartement Parisien où l’on découvre les trois hommes autour d’une table, dans une atmosphère enfumée et visiblement arrosée ? Cela donnera a posteriori un document phonographique unique portant sur les réflexions et la vision du monde de ces trois artistes aujourd’hui disparus….

Mais la France de cette époque, c’est également celle de la variété, avec des chanteurs aussi variés que Claude François, Joe Dassin, Mireille Matthieu, Gilles Dreu, Hugues Auffray, Pierre Perret, Richard Anthony, Sheila, Sylvie Vartan, David Alexandre Winter et son méga tube : Lady Mary, des petits nouveaux comme les trois Michel : Delpech, Sardou et Fugain qui ne vont pas tarder à squatter les podiums en matière de vente de disques….

Les chanteurs à textes occupent également les premières places, aussi bien sur les ondes que sur les scènes de France et de la Francophonie comme Guy Béart, Jean Ferrat, Barbara ou encore Gilbert Bécaud toujours branché sur 100 000 volts….

 

LE METEQUE

 

Mais le triomphe musical le plus surprenant sera celui de Georges Moustaki. Cet ancien compagnon de route d’Edith Piaf (amant+ musicien) à qui l’on doit notamment « Milord » passe subitement de l’ombre à la lumière grâce à ce qui va devenir un tube incontournable : « le métèque », chanson autobiographique que cet enfant Italien d’Alexandrie qui avait pris emprunté son prénom-pseudonyme à Brassens, une de ses idoles.

« Le métèque » lance donc la carrière de Moustaki, aussi bien au niveau national qu’international, donnant par la suite d’autres joyaux de la chanson français comme « Ma liberté » que reprendra d’ailleurs avec brio son ami Serge Reggiani.

 

 

QUE JE T’AIME

Jean-Philippe Smet fête ses dix ans de carrière, il chante cette année-là : « Que je t’aime » qui est enregistré en live au Palais des Sports de Paris. La chanson sera un énorme tube avec plus d’un million d’exemplaires vendus et fera partie du premier « grand spectacle » de l’idole des jeunes. L’ex-idole des jeunes avait fait appel à Gilles Thibaud (auteur de « Ma gueule ») pour les paroles et de Jean Renard pour la musique….

DUTRONC et POLNAREFF

Ils furent tous les deux, les révélations de l’année 1966 et depuis trois ans, ils accumulent les tubes. Jacques Dutronc et son parolier Jacques Lanzmann, véritables rois de la déconnade cartonnent, en témoignent « les cactus », « et moi et moi » ou encore « il est cinq heures, Paris s’éveille » qui fut un des tubes de 1968.

En 1969, ils commettent quelques joyaux dont le désopilant « L’Hôtesse de l’air », le très rock « Le responsable » ou « L’aventurier ». Leur collaboration durera encore un peu plus d’une décennie et sera l’une des plus fructueuses de la chanson française….

Michel Polnareff, ancien Beatnik au look androgyne, fils d’un compositeur d’origine ukrainienne a subi une formation musicale classique solide pendant son enfance. En rupture de ban avec un milieu familial qui l’étouffe, il connaitra une courte période de vaches maigres mais sa virtuosité va bientôt le rattraper. Son premier tube « la poupée qui fait non » est enregistré à Londres avec à l’accompagnement : Jimmy Page et John Paul Jones !

Avant de faire sa « Polnarevolution » et faire scandale avec ses provocations médiatiques, le compositeur enregistre alors « Dans la maison vide » ou « Tous les oiseaux, tous les bateaux », deux tubes parmi tant d’autres avant la fuite aux USA pour raison fiscale en 1974….

 

HAIR France

Ce spectacle en version française est présenté au Théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris et est adapté de la comédie musicale américaine écrite par James Rado et Gerome Ragni sur une musique de Galt Mc Dermot. Créée la scène New Yorkaise en 1968, la comédie musicale a connu dès lors un succès colossal et restera à l’affiche plus de 5 ans. La réussite de l’œuvre est probablement dû aux termes qu’elle aborde : le milieu hippie et la guerre du Vietnam qui fait rage alors….

Curieusement, même la presse américaine loue les qualités artistiques de la version française, qu’elle juge meilleure à l’originale. Appréciation assez rare pour être souligné. En tête d’affiche, de cette version : Julien Clerc, 22 ans, qui a accompagné Gilbert Bécaud dans ses récitals. Le jeune compositeur qui commet cette année là son premier tube « La Californie » joue en alternance avec Gérard Lenorman qui comme son binôme occupera durant toute la décennie suivante, les premières places des Hits Parade….

L’adaptation française est écrite par un certain Jacques Lanzmann, dont nous avons déjà parlé du fait de sa collaboration artistique avec Jacques Dutronc. Le spectacle qui connait un grand succès également fait cependant scandale à cause de nombreuses scènes dénudées qui choquent un auditoire de l’époque encore un peu prude….

JE T’AIME MOI NON PLUS

Ce tube incontestable, vendu à plus de 750 000 exemplaires en France fit également le tour du monde provoquant autant d’enthousiasme que d’indignation. Certains y virent une œuvre obscène, une sorte d’hommage à la sodomie (je vais et viens, entre tes reins…). L’église catholique condamna fermement la chanson, jugeant indécent les râles et autres soupirs insupportables à écouter….

« Je t’aime moi non plus » marqua le début de la fructueuse collaboration entre Serge Gainsbourg, qui n’était pas encore Gainsbarre et sa muse (et compagne), l’ancienne Jane Birkin, alors jeunette de 22 ans et qui durera malgré leur séparation en 1980 jusqu’à la mort du compositeur en 1991.

Mais ce triomphe musical teinté d’un parfum de scandale ne fut pas destiné à l’origine à la jeune Anglaise. Une première version fut commise en 1967 mais connut bien des mésaventures qui contrarièrent (déjà sa diffusion). L’auteur de « la Javanaise » entretenait à l’époque une liaison passionnée avec la plus grande star française de l’époque : Brigitte Bardot. Cette dernière lui demanda un soir de lui écrire « la plus belle chanson d’amour du monde ».

Ce que fit Gainsbourg qui passa une nuit entière à composer la « perle rare ». La chanson fut enregistrée mais très rapidement, le mari (officiel) de Brigitte Bardot, le milliardaire Play-Boy Gunther Sachs s’opposa fermement à sa diffusion et menaça le compositeur de poursuites…

Résignés, les deux amants renoncèrent et se séparèrent douloureusement. En mettant fin à une liaison courte mais passionnée. On se souviendra de quelques morceaux mythiques de ce duo insolite : « Harley Davidson » , « Initiales BB » et bien sûr Bonnie and Clyde ».…

Le morceau original ressortira officiellement quelques années plus tard mais connut un succès confidentiel….

 

Un Moody Blues qui chante la nuit
Comme un satin de blanc marié
Et dans le port de cette nuit
Une fille qui tangue et vient mouiller

 

Léo Ferré- « C’est Extra »1969.

C’EST EXTRA

(Epilogue)

Les grandes chansons ne sont pas toujours le fruit d’un long travail mais parfois d’une pensée du moment, au cours d’une promenade ou d’un voyage en voiture. Cela sera le cas de « C’est Extra », un des plus gros tubes de Léo Ferré, notre anarchiste national qui en entendant à la radio le tube planétaire « Night in white satin » des Moody Blues, eut l’idée de cette superbe chanson teintée d’un érotisme poétique fort.

Cette année 1969, dernière d’une décennie riche en évènements économiques, sociologiques et culturels sonne peut-être le glas d’une « parenthèse enchantée » pour une jeunesse issue du baby-boom de l’immédiat après-guerre qui aura profité de l’abondance occidentale, de la relative libération des mœurs et d’une certaine insouciance face à un avenir qui commençait à afficher des signes d’incertitude palpable. Les « révoltes » du printemps 1968 auront certainement été un signe avant-coureur des futurs bouleversements à venir….

Le « grand chambardement » comme le chantait Guy Béart n’a pas encore eu lieu, mais au niveau musical on a pu constater cette année là le crépuscule du phénomène hippie, aussi intense qu’éphémère, l’émergence des supergroupes  de Rock qui inonderont les scènes du monde entier, le réveil de la musique folk, les balbutiements du Hard Rock, les débuts des futurs acteurs de la «nouvelle chanson française » ou encore l’apogée d’une variété française qui fera les grandes heures des shows télévisés où le service après-vente n’existait pas encore….

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