Lucien Sergent

Lucien Sergent

LUCIEN SERGENT

DE L’EUROPE EN GENERAL ET DE L’ESSONNE EN PARTICULIER

Il est mort à 101 ans, le 9 Janvier 2020 à Paris, entouré des siens. Il aura eu le privilège de connaitre une longue existence à cheval sur deux siècles : né quelques jours après l’armistice de la Grande Guerre, celle que l’on surnomma par erreur « la der des der », il est parti dans cette seconde décennie du XXI e siècle….

Lucien Henri Sergent était né à Paris, dans le 12 -ème arrondissement dans un milieu modeste.  Son père, Albert Victor est alors valet de Chambre et sa mère Françoise Guignard est cuisinière. Le premier est originaire d’Outarville, alors chef-lieu de canton du Loiret, au cœur de la « Beauce riche » entre Etampes et Pithiviers tandis que la seconde est bretonne, née à Moncontour alors dans les Côtes du Nord (aujourd’hui Côtes d’Armor). En définitive, les petites gens issues des provinces françaises et qui sont partis à l’assaut de la Capitale à l’orée du XX e siècle en quête d’un avenir meilleur….

Né et mort à Paris, Lucien Sergent est cependant indissociable d’Etréchy, un village de Seine et Oise, où s’installeront d’abord ses parents puis lui-même jusqu’à en devenir son maire en 1947, à l’âge de 29 ans….

Lycéen à Paris (au futur lycée Jean-Baptiste Say), Lucien Sergent rentre prématurément dans la vie publique dès 1933 en épousant les idées du Comité Amsterdam-Pleyel, un grand mouvement pacifiste contre la Guerre et le Fascisme prôné par Henri Barbusse et Romain Rolland

Le 11 novembre 1940, Lucien Sergent fait partie de ces étudiants qui vont fleurir la tombe du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe, bravant ainsi l’interdiction de l’occupant. Quatre ans plus tard, il est un des membres du Comité de Libération d’Etréchy et assiste à l’arrivée des Alliés dans la Commune le 25 juillet 1944….

LES TRENTE GLORIEUSES

Après son diplôme en droit et en économie politique, Il entre dans la fonction publique en devenant Inspecteur de l’Economie Nationale et fera toute sa carrière comme Haut-Fonctionnaire, la terminant au milieu des années 80 comme Inspecteur Général des Finances.  Il sera également le collaborateur de Félix Gaillard, sous-secrétaire d’Etat qui deviendra le plus jeune Président du Conseil sous l’Ive République…

Il est élu Maire d’Etréchy en 1947. A l’époque, ce gros bourg rural du sud de la Seine et Oise (canton d’Etampes, Arrondissement de Rambouillet) ne compte alors que 1 800 habitants. Aux confins de la Beauce, le village garde une physionomie provinciale malgré la relative proximité de la Capitale (42 km de Notre-Dame). C’est l’époque (révolue aujourd’hui) où un homme d’Eglise, le révérend Père Regnault est un véritable animateur social : créateur des « Cadets de la Juine » (devenu le « Cadet’s Circus), premier cirque amateur de France et des colonies de Vacances (notamment à Grandcamp-Maisy dans le Calvados, d’où il est originaire) dont profitèrent beaucoup de jeunes Strépiniacois (dont l’auteur de ces lignes).

Il fera cinq mandats complets jusqu’en 1977. Pendant ces trois décennies, la physionomie d’Etréchy va quelque peu changer, suivant l’évolution démographique de la Région-Capitale. Le gros bourg se situe alors au sud d’un curieux département : la Seine et Oise qui encercle celui de la Seine (Paris et une grande partie de la petite Couronne) et la création envisagée de créer de nouveaux départements afin d’éviter une explosion démographique mal maitrisée est décidée dès 1961 avec le Plan Delouvrier portant le nom d’un haut Fonctionnaire chargé de réaménager la Région Parisienne avec l’idée majeure de rééquilibrer le déséquilibre entre la Capitale Carnivore et sa périphérie.

Le décret du 10 juillet 1964 fait éclater en Seine et Oise en plusieurs nouveaux départements : les Yvelines, le Val d’Oise, L’Essonne, situés en Grande Couronne tandis que des parcelles de l’ex-département se fondent dans les Hauts de Seine, Le Val de Marne et la Seine-Saint-Denis dont une autre grande partie provient de l’ex-Département de la Seine, faisant de Paris intra-muros une ville-département….La Seine et Marne refuse son démantèlement, conservant sa territorialité décidée en 1790….

Donc intégré au nouveau département de l’Essonne (qui comprend les anciens arrondissements de Corbeil-Essonnes et partiellement ceux de Versailles et Rambouillet pour la partie ouest), Etréchy sera également retenu pour accueillir une grande zone d’activités industrielles, comme celle du plateau de Courtabœuf plus au nord mais le projet n’aboutira pas. Le 1er Janvier 1968, l’Essonne devient un département à part entière, Etampes redevient sous-préfecture (son arrondissement avait été supprimé en 1926) et le canton d’Etréchy, à l’instar de ceux de Dourdan, Saint Chéron, La Ferté-Alais et Méréville intègrent l’arrondissement.

A la création du département, Lucien Sergent est élu depuis 20 ans, la population de la commune a gagné plus de 1000 habitants, cela impliquant de nouvelles infrastructures, notamment scolaires dont « Les Lavandières » en 1953, la déviation de la Route nationale 20 en 1960, (elle passait auparavant dans la Grande Rue), puis dans le courant des années 60 et 70 : le stade, la salle des Fêtes des Lavandières (aujourd’hui Jean Monnet), la PMI, le Mille Club,  les premiers lotissements (La plaine du Roussay et les deux immeubles, le Vintué).

En 1968, est créé le comité de Jumelage avec la ville anglaise du Kent, Lydd et allemande d’Ostrach (non loin du lac de Constance) avec Jacques Gallerand, Conseiller municipal et Jean de Iribar. Monique Seibert, épouse de Lucien Sergent sera également une actrice active de cet échange entre localités européennes très en vogue au cours des années 60-70……

En 1971, Il confie la rédaction du premier bulletin municipal à un autre de ses conseillers municipaux : Jean-Marie Rouquier, homme de culture, de tendance socialiste rose vif et fervent catholique et qui lui succédera à la mairie en 1977 à la tête d’une coalition Socialo-Communiste….

On se souvient de cette fièvre urbanistique du milieu des années 60, alors que les vaches broutent encore à Evry, on parle d’en faire le cœur d’une métropole régionale de 500 000 habitants soit la taille de Lyon !  A Etampes, on projette de faire une ville de 50.000 habitants et d’urbaniser le plateau agricole de Guinette pourtant jugé inhabitable après une enquête d’utilité publique de 1960….

Lucien Sergent ne répondra pas aux sirènes pressantes des urbanistes, ne voulant pas faire de sa commune une ville-champignon de 15 000 habitants mais opte plutôt pour une urbanisation nécessaire mais maîtrisée.

C’est la construction du vaste lotissement du Roussay (500 lots) qui va surtout bouleverser la physionomie de la commune, doublant la population entre 1968 et 1975. Ce vaste projet immobilier qui s’inscrit donc dans cette vaste politique d’aménagement du territoire, avec la construction de grands ensembles, surtout dans le nord du département pour répondre à une criante pénurie de logements et l’éclosion du rêve de « la maison individuelle » prôné notamment par le Ministre de l’Equipement, Alain Chalandon (et ses « Chalandonnettes ») et mis en valeur dans les « villagexpo » qui fleurissent notamment à Saint Michel sur Orge et la Ville-du-Bois….

Ce projet réalisé va susciter de nombreuses polémiques, provoquant une franche hostilité de la partie ancienne du bourg acceptant mal ces nouveaux « propriétaires » qualifiés parfois d’envahisseurs et accusés de puiser de façon abusive les ressources en eau de la commune. A contrario, certains artisans locaux (entrepreneurs en bâtiment, pépiniéristes, peintres, installateurs d’antenne ou poseurs de clôture) connaitront leur âge d’or avec l’arrivée de toutes ses maisons individuelles….

Puis les choses changeront, le Roussay ne sera plus un « quartier » à part, permettant même à deux de ses habitants de devenir maire d’Etréchy : Julien Bourgeois et Elisabeth Dailly, sans oublier un nombre conséquent d’adjoints et de conseillers municipaux….

En 1977, Lucien Sergent décide de ne pas se représenter, préférant passer le relais au docteur Naegellen (père), un notable estimé, à la tête d’une liste renouvelée (alliant sortants et nouvelle génération, dont Claude Casagrande qui deviendra maire en 1983) mais qui ne pourra résister à l’évolution du corps électoral (les nouveaux habitants) et à un courant favorable à l’éclosion d’une Union de la Gauche, porteuse d’une alternance démocratique face à un pouvoir Gaullo-Giscardien aux manettes depuis 1958. Etréchy bascule donc à gauche, à l’instar d’Evry, Courcouronnes, Etampes, Palaiseau, Chilly-Mazarin, Athis-Mons, Juvisy sur Orge, Montgeron, Orsay, Villebon sur Yvette, Yerres ou la toute nouvelle commune des Ulis (issue des fractions de Bures et Orsay) qui se donne d’emblée un maire Socialiste…

Mais Lucien Sergent restera Conseiller général du canton d’Etréchy jusqu’en 1998, constamment réélu. Il sera également élu Conseiller régional d’Ile de France, sous la présidence de Michel Giraud.

L’EUROPE OU LE COMBAT D’UNE VIE

Rien ne prédestinait Lucien Sergent à devenir un des artisans de l’Union Européenne. Comme il le confiait, son propre père (né en 1881), issu du terroir Beauceron, appartenait à une génération « sacrifiée », celle de la classe 11, qui avait fait trois ans de service militaire suivi de quatre ans et demi de guerre, vouait une haine indélébile envers les Allemands (alors appelés les « Boches »), lui-même acteur de la seconde guerre mondiale aurait pu verser dans une germanophobie bon teint, mais celui qui se proclame « Gaulliste »au sens historique du terme et non politique, respectant l’adage « tout le monde a été, est ou sera Gaulliste » que l’on soit Communiste, Socialiste, De droite ou centriste : avec l’idée de rassembler et de transcender les clivages politiques et de « décrisper » certains blocages de notre société, quitte à faire grincer des dents….

Cette idée Européenne n’est encore qu’un « concept » à la fin des années 40, tant les pays la composant ont été meurtris par le deuxième conflit mondial mettant l’économie de la plupart des nations complètement à plat. Mais l’idée d’une reconstruction rapide germe, aidée par l’acception du plan Marshall prôné (non sans arrière-pensée) par les Etats-Unis vont transformer l’idée en matière…

Quelques esprits visionnaires comme Jean Monnet ou Robert Schuman seront les architectes de cette construction européenne notamment lors de la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier en 1950, premier pas vers ce que l’on appellera le Marché Commun (avec ses pays fondateurs : France, Allemagne de l’Ouest, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) acté avec le traité de Rome en 1957….

En 1951, Lucien Sergent fera partie d’une délégation de jeunes élus, dont Jacques Chaban-Delmas, maire de Bordeaux, Pierre Trémentin (Président de l’Association des Maires de France), de Joseph Lasalarie (Président de l’Assemblée des Conseils généraux) et Jean Bareth, maire-adjoint de Boulogne Billancourt qui se rend à Genève pour participer au congrès fondateur du Conseil des Communes et Régions d’Europe…

Le Maire d’Etréchy est donc un Européen convaincu et se voudra être un promoteur de l’autonomie locale, voulant mettre en exergue le rôle des collectivités territoriales lors de la Construction de l’Union Européenne.

Au fur et à mesure que l’Idée Européenne prend forme, Lucien Sergent s’investit toujours plus en devenant Secrétaire Général de l’Association Française des Conseils et Communes d’Europe puis enfin Président de la Conférence Permanente des Pouvoirs locaux et Régionaux du Conseil de l’Europe entre 1990 et 1992.Tant au niveau Européen que Départemental ou Communal, l’ancien Maire d’Etréchy est reconnu comme un grand spécialiste des finances publiques locales….

L’ESSONNE TERRE D’ANCRAGE

« Voir naître un département, assister à ses premiers pays est l’exaltante aventure que nous a réservé notre destin commun ».

Pierre Prost, 1967.

Nous sommes à Corbeil-Essonnes, préfecture provisoire du département, le 4 octobre 1967 : c’est la séance inaugurale du tout nouveau conseil général de l’Essonne (qui ne prendra officiellement ses fonctions que le 1er Janvier 1968, date de création officielle du département). Lucien Sergent fait partie des 27 élus que compte ce nouveau territoire de 470.000 habitants….

L’assemblée départementale a élu à sa tête, Pierre Prost, un trésorier-payeur-général à la retraite de 71 ans, maire de Brunoy et futur sénateur en 1968. Ce dernier restera à la tête du Conseil général jusqu’en 1976, il sera alors remplacé par Robert Lakota, élu Communiste de Vigneux-Sur-Seine pour donner suite à la nette victoire de la gauche (21 Sièges sur les 35, dont 8 nouvellement créés).

Pas une seule femme élue (il faudra attendre 1970 avec l’élection de Geneviève Rodriguez (PC) dans le canton de Viry-Châtillon) et beaucoup d’hommes d’origine sociale différente (Le Marquis de Ganay, élu à Milly la Forêt) côtoie l’ouvrier Daniel Perrin (Ris-Orangis), souvent issus de la Résistance (Combrisson et Boscher, tous deux également Déportés, de Ganay, déjà cité, ancien agent secret de la France Libre, Serge Lefranc, ancien Président du Comité de Libération de la Seine et Oise) , souvent originaires de la région tandis que d’autres tel Jean Ooghe, parachuté du  Pas-de-Calais deviendra le très charismatique maire de Sainte Geneviève des Bois.

La toute neuve assemblée départementale est composée d’une majorité de « modérés », le terme n’évoque plus grand-chose de nos jours, sinon une vague incarnation du « marais électoral » de l’époque : se démarquant du pouvoir Gaulliste sans pour autant s’accoquiner avec une opposition non communiste qui a commencé à émerger lors de la présidentielle de 1965, bref une sorte de droite très Modérée voire d’un Centre mou…

Les élus de l’époque représentent les quatre coins d’un département qui va connaître une croissance démographique exponentielle, une des plus fortes de l’Hexagone mais avec des disparités entre un tiers nord déjà fortement urbanisé et intégré à la banlieue Parisienne, la Ville nouvelle d’Evry qui sort de terre et un grand sud demeuré largement rural du fait de son relatif éloignement de la Capitale.

Les Communistes composent l’essentiel de l’opposition : au nombre de 10, ils sont une force politique alors puissante et surtout influente à Gauche.  Aux législatives du printemps 1967, les nouvelles 1ere, 3ème et 4ème circonscription ont envoyé les Communistes Combrisson, Juquin et Vizet au Palais-Bourbon.

Seule la 2 -ème circonscription (Arpajon-Etampes) a résisté à l’offensive Communiste, le sortant Gaulliste Michel Boscher, maire d’Evry-Petit-Bourg a battu celui qui deviendra son opposant favori : Serge Lefranc, maire de Saclas…. Et c’est dans laquelle est élu, Lucien Sergent. Seul candidat dans le nouveau canton d’Etréchy qui comprend outre son chef-lieu, les communes rurales d’Auvers Saint Georges, Bouray sur Juine, Chamarande, Chauffour les Etréchy, Janville sur Juine, Lardy, Mauchamps, Souzy la Briche, Torfou, Villeconin et Villeneuve sur Auvers. Un nouveau canton issu d’une partie de deux anciens : Etampes et la Ferté-Alais dont certaines communes à l’instar de Bouray sur Juine et surtout Lardy acceptent mal cette intégration forcée, s’opposant dès lors en rivale du nouveau chef-lieu (ce qui sera le cas jusqu’à la suppression du canton en 2015, et même après, ndlr) ….

Il n’avait donc pas eu de concurrent et sera élu avec 100 % des voix sous l’étiquette de la FGDS, mouvement créé par François Mitterrand, rassemblant toutes les partis traditionnels de la gauche non communiste, sonnant le glas de la SFIO et des petits partis et qui donneront naissance au Parti Socialiste, lors du Congrès d’Epinay en 1971….

Mais le nouvel élu votera avec la majorité départementale, se démarquant ainsi d’un Parti Communiste duquel il ne partage aucune des valeurs pour finir par se rapprocher du Centre Droit au fil du temps : la fameuse UDF, lancée par les fidèles de Valéry Giscard d’Estaing lors des législatives de 1978 (probablement pour contrer l’ascension d’un autre parti rebelle de la Majorité d’alors : le RPR, dirigé par son ancien Premier Ministre : Jacques Chirac…).

Lucien Sergent sera à l’origine de la mise en œuvre de la départementalisation de la Sécurité Civile (le SDIS 91) mise en place dès 1968. Il en sera le premier président, tandis que le Lieutenant-Colonel Savelli dirige l’antenne départementale. Cette entité existe toujours en 2020 et est à présent présidée par Dominique Echaroux, Conseiller départemental de Dourdan….

Mais Lucien Sergent, du fait de sa formation montre des talents de « grand argentier du département » : de 1982 à 1994, il sera chargé des finances du département, qui vit à l’heure de la Décentralisation, donnant plus de pouvoir à l’exécutif départemental, éclipsant quelque peu le Préfet, avec les bienfaits et les dérives que cela comporte….

Christian Schoettl, maire atypique de Janvry et ancien Conseiller général du canton de Limours a bien connu l’ancien Maire d’Etréchy dès lors qu’il est élu en 1994 et a conservé des liens amicaux fort avec celui-ci jusqu’à sa disparition, comme il le mentionne dans son blog. L’élu du Pays de Limours s’étonne que l’Européen né ne soit pas devenu Parlementaire et surtout président du Conseil Général, sa rigueur morale aurait probablement évité les dérives de certains élus durant cette période…

Car avec d’autres conseillers généraux, comme Laurent Béteille (Brunoy), Jean de Boishue (Brétigny sur Orge), ils s’insurgent contre les dérives financières de l’exécutif départemental dirigé par Xavier Dugoin qui sera peu de temps après, impliqué dans plusieurs affaires médiatisées : les emplois fictifs (dont le faux rapport de Xavière Tiberi, ), puis mis en examen dans le cadre d'une affaire de recel d'abus de biens sociaux, corruption et trafic d'influence aux préjudices de diverses sociétés de travaux publics sans oublier les détournements de fonds publics et prise illégale d’intérêts dans l’affaire de la disparition de plus de 1000 bouteilles issues de la cave du conseil général qui mèneront l’élu de Mennecy vers la case prison pour quelques mois.

Il décide de ne pas se représenter au printemps 1998 : à près de 80 ans, il ne veut pas faire le mandat de trop, à l’instar de certains de ses collègues : René L’Helguen (Athis-Mons), Maurice Picard (Montlhéry), Henri Marcille (Evry-Sud), Claude Bigot (Chilly-Mazarin) ou Claude Petit (Juvisy), Jean Tournier Lasserve (Draveil). Ils auront tous le nez creux : à l’exception de Draveil, tous les autres cantons passent à Gauche, à commencer par celui d’Etréchy : la rivalité entre Claude Casagrande, ancien maire également très europhile d’Etréchy face à son successeur Julien Bourgeois va profiter au maire de Bouray-sur-Juine, la socialiste Claire-Lise Campion qui deviendra Sénatrice de l’Essonne (suite à l’entrée au gouvernement du bouillant Jean-Luc Mélenchon) et qui sera la deuxième et ultime conseillère générale du canton d’Etréchy…..

Octobre 2017 : Cinquante après la 1 ère réunion du Conseil Général, on commémore l’évènement, cette fois-ci à Evry. François Durovray, Président du Conseil Départemental, qui n’était pas né lors de la création du département accueille un grand nombre d’élus actuels et anciens, dont Lucien Sergent, 99 ans qui est alors le seul témoin présent de cette époque et qui garde un souvenir intact de cette première journée historique…

LE TEMPS DES HONNEURS

Pour son centenaire, Lucien Sergent sera fêté comme il se doit, aussi bien à Paris, à la mairie du XIVe arrondissement de Paris (où il réside), faisant de lui le plus illustre des « Parisiens d’Etréchy » qu’à Etréchy, en tant que plus illustre des « Strépiniacois de Paris » …

Retiré des affaires, le centenaire n’a pas oublié la ville qu’il a dirigé trois décennies, il sera présent pour le 70 -ème anniversaire de la fin du deuxième conflit mondial aux cotés de sa lointaine successeuse Elisabeth Dailly et de la jeunesse de la commune…. Diminué physiquement, il garde une fraîcheur intellectuelle intacte….

UNE TRACE DANS L’HISTOIRE

Une rue Lucien Sergent sera inaugurée de son vivant à Etréchy, non loin de l’ancienne maison du Maire d’Etrechy, située route de Vaucelas. Son inlassable action en faveur de la construction européenne a laissé des traces dans la commune : le Groupe Scolaire Robert Schumann, la Salle Jean Monnet ou encore le Jardin de l’Europe avec la stèle des acteurs du jumelage…….L'ancien Maire et Conseiller général a été enterré au cimetière d'Etréchy, au coeur d'un terroir dont il sera toujours resté fidèle durant sa longue et riche existence...

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