ROSELYNE BACHELOT, LA DAME D'ANJOU

RETOUR AUX AFFAIRES

Sa nomination au poste de Ministre de la Culture dans le Gouvernement Castex aura été une des grosses surprises du remaniement ministériel du 9 juillet dernier…mais elle a été plutôt bien accueillie par le monde des arts et des spectacles qui a vu en cette femme d’expérience et à la personnalité originale la possibilité de redonner de l’espoir à un secteur totalement sinistrée par la Crise sanitaire….

A 74 ans et alors que l’on pensait qu’elle avait définitivement tourné la page de son passé politique, voilà que Roselyne Bachelot qui avait embrassé voilà huit ans une nouvelle carrière dans l’animation Radio-Télé décide un « retour aux sources » vers un milieu qu’elle continuait de scruter avec un œil avisé….

En effet, la « Saltimbanque recyclée » avait repris discrètement du service en soutenant notamment son grand ami François Fillon, l’homme qui faillit être Président....mais les déboires de son compatriote des Pays de la Loire n’ont en aucun cas contrarié l’aspiration secrète de la Dame d’Anjou de retrouver les ors de la République qu’elle avait naguère fréquentés…

SOUDAIN L’ETE DERNIER

C’est le début de la crise sanitaire et le constat cruel de pénurie de masques qui a fait revenir sur le devant de la scène l’ancienne députée du Maine-et-Loire. En 2009, alors Ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot fut au cœur d’une grosse polémique concernant sa décision de commander près de 95 millions de vaccins afin de faire face à une pandémie annoncée de grippe AH1N1…

Elle avait ainsi voulu jouer la carte de la prévention pour donner suite aux avertissements alarmistes des épidémiologistes… Heureusement pour la population, la fameuse Grippe A fut beaucoup moins grave que prévu mais malheureusement pour la ministre de la Santé, cette dernière se vit accusée d’avoir eu « les yeux plus gros que le ventre » en commandant un tel stock, sachant qu’à l’époque un français sur dix seulement s’était fait vacciner et que de facto il serait très difficile d’écouler le très gros reliquat….

La malheureuse Ministre, soudainement sujette à toutes les critiques voire à des moqueries amères se mit dans l’obligation de se rapprocher des laboratoires pharmaceutiques afin d’annuler 50 millions de doses encore non payées impliquant un dédommagement à hauteur de 48 millions d’euros…

Le reste de ce surplus fut donné en partie à l’OMS et à quelques pays demandeurs tandis qu’une vingtaine de millions de doses restantes finirent par être détruites ou incinérées….

La Cour des Comptes indiquera dans l’un de ses rapports que lesdits vaccins avaient coûté la bagatelle de 383 millions d’euros à l’Etat Français….

Roselyne Bachelot devint alors la « risée » des médias et découvrit l’ingratitude de l’engagement politique : trop prévoyant, on vous condamne et dans le cas contraire…on vous condamne aussi….

Mais en ce mois de Mars 2020, la sociétaire des « grosses têtes » a l’impression de retrouver son honneur perdu dix ans plus tôt, la tendance s’est cependant inversée : sa prévoyance de l’époque est encensée par une opinion aussi amnésique que versatile….

LES LIENS DU SANG

Roselyne Cora Marcelle est née le jour du réveillon de noël 1946 dans la bonne ville de Nevers, chef-lieu du département de la Nièvre qui, comme chacun sait sera le fief électoral du Charentais François Mitterrand.

Elle est la fille de Jean Narquin, dont la famille est implantée dans le département depuis plusieurs générations et d’Yvette Le Dû, dont le patronyme est lié au département du Morbihan, au sud de la Bretagne… Tous deux sont Chirurgiens-Dentistes… Le couple a deux autres enfants : un fils, Jean-Yves et une autre fille, Françoise….

Chez les Narquin, qui sont issus du milieu agricole nivernais, on travaille souvent dans le milieu médical et on a entre outre la fibre politique.

 Et une fibre qui penche plutôt vers la droite modérée même si certains ont fini par fricoter avec la droite extrême, ce qui a pu faire « grincer les dents » dans le cercle familial comme c’est le cas de son propre frère Jean-Yves qui a rejoint le Rassemblement Bleu Marine et s’est fait élire comme maire d’une petite commune du Loir et Cher ou encore son ex-beau-frère, le chirurgien François Bachelot qui sera un des 35 députés FN élus lors des élections législatives de 1986…….

Le père, Jean Narquin, né en 1922 et disparu en 2003 appartenait à cette génération qui avait eu 18 ans au moment de la « débâcle » de 1940 et qui avait eu le choix entre subir l’humiliation de la défaite ou plutôt la refuser en regagnant les rangs de la Résistance…ce qu’il fit sans hésiter…

Reçu Major de sa promotion à l’Ecole Dentaire de Paris, Jean Narquin s’installe d’abord dans le Cher puis atterrit ensuite dans la Capitale de l’Anjou, au tout début des années 50 où il ouvrira un cabinet dentaire avec son épouse, tout en prenant des responsabilités de plus en plus importantes au sein de l’appareil Gaulliste du Département….

A l’époque, le département du Maine-et-Loire est politiquement classé au centre-droit, comme la plupart de ses voisins du grand Ouest… des terres démocrates-chrétiennes car le poids de la religion y reste très fort même après la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905 dans ces régions des Pays de la Loire et de Bretagne….

Angers possède même une influente Université Catholique et de nombreuses écoles confessionnelles, c’est d’ailleurs dans l’une d’elles que la petite Roselyne effectuera toute sa scolarité au cœur d’un pensionnat sans pour autant tomber dans une ambiance digne d’un roman d’Hervé Bazin….

A DROITE TOUTE !

Depuis 1958, plusieurs figures politiques issues du Gaullisme ont été des élus du département : à commencer par le Garde des Sceaux, Jean Foyer ou l’ex-ministre de l’Agriculture, Edgard Pisani (même si ce dernier rejoindra en 1974, le Parti Socialiste) …. Ou encore René La Combe, Compagnon de la Libération…

Son père est élu Député de la 1ère circonscription du Maine et Loire lors des législatives de juin 1968, ces fameuses « élections de la peur » organisées après la dissolution par le Général de Gaulle de l’Assemblée nationale, à la suite des évènements de Mai….

Cette première circonscription était tenue depuis 1967 par un Edgard Pisani en rupture avec la Majorité Gaulliste et qui entretenait alors de très mauvais rapports avec le Premier Ministre Georges Pompidou, notamment depuis que l’ancien Ministre de l’Agriculture avait fini par voter une « Motion de censure » aux côtés de l’Opposition…

Il dut s’effacer au profit de Jean Narquin qui fut largement élu, mais à l’époque, « le raz-de marée électoral » dans une France sonnée par les Troubles de Mai fut tel que le truculent Alexandre Sanguinetti ironisa : « J’aurais présenté mon chien sous l’étiquette UDR, il passait » ….

Jusqu’en 1986, les électeurs d’Anjou enverront systématiquement des députés issus de la Droite (UDR puis RPR ou CNI) et du Centre (l’UDF) au Palais-Bourbon, y compris en 1981, qui connut pourtant une « marée rose » pour donner suite à l’élection de François Mitterrand et malgré la victoire d’une liste d’Union de la Gauche, menée par Jean Monnier à Angers en 1977…. Mais l’année suivante, le nouvel édile socialiste mordra la poussière face au père Narquin qui conservera son siège durant vingt ans.…

68, ANNEE MATRIMONIALE

Alors que « Papa » est fraichement élu Député de la Nation, la fille Narquin, alors étudiante en Pharmacie convole en justes noces avec un certain Jacques Bachelot, qui est étudiant Apothicaire comme elle et c’est alors que le couple de tourtereaux signe un pacte : Monsieur continuera ses études d’abord tandis que Madame deviendra Visiteuse médicale afin de faire bouillir la marmite du ménage quitte à reprendre ses études ultérieurement…

Effectivement, Roselyne ne reprendra ses études d’Apothicaire qu’à l’âge de 30 ans, faisant figure d’étudiante attardée vis-à-vis de ses condisciples tout en étant élue conseillère générale en 1982…

Car notre étudiante a également attrapé le « virus de la politique » que lui a transmis son géniteur et adhère au RPR qui a commencé sa cure d’opposition, même si les Giscardiens défaits en 1981 accusent le Parti alors dirigé par Jacques Chirac, d’avoir incité à voter François Mitterrand pour empêcher la réélection du « Monarque de Chamalières ».

En 1969, nait leur enfant unique, Pierre, qui deviendra ultérieurement le collaborateur de sa mère au Palais-Bourbon et dans les différents ministères que celle-ci occupera. Avec une fois de plus les « avantages et inconvénients » que comportent le fait d’être « fils de » ….

Mais le couple se sépare assez rapidement dans le milieu des années 70, ne divorçant officiellement qu’en 1995. Non sans difficultés, la future Ministre gardera le patronyme de son ex qui a quitté depuis longtemps la douceur angevine pour refaire sa vie à la Réunion….

Avant d’entamer son irrésistible ascension politique, elle sort Major de sa promotion à la Faculté d’Angers à l’âge de 36 ans…et pourra donc devenir Pharmacienne de plein droit, bien qu’elle co- dirigeait avec son époux, l’Officine qu’ils avaient ouvert en 1978 dans la ZUP nord d’Angers et où elle ne s’occupait que de tâches d’ordre administratif…

La future ministre mènera donc simultanément une carrière professionnelle et politique avec les contraintes que cela impose… mais le résultat est payant : alors qu’elle avait été élue assez facilement dans un canton pourtant acquis à la Gauche grâce à sa «fibre sociale », elle se lance dans la campagne des élections régionales en 1986 et deviendra Conseillère régionale des Pays de la Loire dont le président n’est autre qu’un des fameux « barons du Gaullisme », Olivier Guichard (ancien ministre de De Gaulle, Pompidou et Giscard d’Estaing et qui restera aux manettes de la Région jusqu’en 1998)…..

Elle part à la conquête de la 1ère circonscription du Maine et Loire car son père a décidé de lui laisser la place pour les législatives de 1988, provoquées par la dissolution de l’assemblée nationale par un François Mitterrand, triomphalement réélu Président de la République face à Jacques Chirac, son ancien Premier Ministre de cohabitation….

Dans ce contexte difficile pour la majorité sortante de Droite, elle sera élue au deuxième tour face au candidat socialiste, obtenant un confortable score de 55 %. Elle sera constamment réélue jusqu’à sa décision de mettre fin à (ce qu’elle croit être) la fin de sa carrière politique en 2012.

A cette date, la Première circonscription du Maine-et-Loire finit par élire un candidat socialiste, Luc Belot qui met fin à plus d’un demi-siècle de règne de droite… mais qui ne se représentera pas en 2017, étant finalement remplacé par l’écolo-Macroniste, Matthieu Orphelin.....

A NOUS DEUX, PARIS !

En cette année 1988, lorsque Roselyne Narquin-Bachelot fait son entrée au Palais-Bourbon elle appartient à une nouvelle génération de députés novices  qui sont appelés à jouer un rôle de premier plan dans les années à venir, qu’ils soient de droite, comme Nicolas Sarkozy, précédemment élu  à la hussarde maire de Neuilly sur Seine à 28 ans ou bien de gauche comme François Hollande qui se fait élire dans un département Chiraquien : la Corrèze tandis que sa compagne Ségolène Royal s’est emparée d’une circonscription jugée « ingagnable » dans les Deux-Sèvres….

On connait la suite : les deux premiers seront élus présidents de la République tandis que la troisième parviendra à se hisser au second tour de la présidentielle….

LA CAUSE DES FEMMES

La « montée à Paris » n’est pas forcément synonyme de « conquête du pouvoir » même si celui-ci va finir par se rapprocher pour notre « Rastignac en jupons » mais pour l’instant, l’heure est plutôt à l’implication dans les rouages parlementaires….

Bien que la gente féminine reste très minoritaire au sein de l’Hémicycle, on a pu y constater l’éclosion d’une nouvelle génération politique aussi bien à droite qu’à gauche.

Dans son propre camp, Michèle Alliot-Marie, elle-même héritière de la circonscription de son père dans les Pyrénées-Atlantiques faisait déjà partie du premier gouvernement de cohabitation de la Vème république en 1986 en qualité de Secrétaire d’Etat à l’Enseignement… Elle mènera par la suite une carrière brillante : occupant des fonctions régaliennes jusqu’à présent réservées aux seuls hommes : l’Intérieur et la Défense (comme aujourd’hui Florence Parly) et de direction de parti : notamment le RPR entre 1999 et 2002…

Nicole Catala, qui a co-fondé le Club 89 (une sorte de « think-thank » politique avant l’heure de la machine de guerre RPR) avec Alain Juppé et Michel Aurillac (ancien Ministre de la Coopération et qui également fut le premier Préfet de plein exercice de l’Essonne en 1969, ndlr)

Michèle Barzach qui est alors une figure montante du mouvement hérité du Gaullisme, Gynécologue de formation a été Ministre de la Santé en 1986 mais elle restera une étoile filante de la politique…

A Gauche, le Parti Socialiste, plus ouvert à la féminisation a fait éclore un certain nombre de « talents » depuis sa première accession au pouvoir en mai 1981 : à commencer par Edith Cresson qui deviendra même la première (et seule à ce jour) Première Ministre de la Vème République, suivie de Georgina Dufoix, Edwige Avice, Huguette Bouchardeau, sans oublier les trois Catherine :  Lalumière, Tasca et Trautmann…

DAME ROSELYNE VERSUS LE ROI JEAN

Roselyne décide de se lancer dans la bataille des municipales de 1995 à Angers et d’affronter le maire sortant, Jean Monnier, comme l’avait fait auparavant son propre père Jean Narquin et qui s’était soldé par une défaite en 1983…

Et comme dans l’épisode précédent le résultat de la candidate est sans appel : Jean Monnier l’emporte très largement avec plus de 60 % des voix au 2 e tour laissant une Roselyne Bachelot, largement distancée et qui ne disposait au 1 er tour que d’un réservoir de voix insuffisant pour espérer l’emporter….

Jean Monnier, surnommé « le Roi Jean » certainement par allusion au « Roi René » qui régna sur le Duché d’Anjou et la Provence au XVe siècle, est un homme totalement atypique : né en 1930, issu d’un milieu ouvrier, il quitte l’école à l’âge de 14 ans après son Certificat d’Etudes pour commencer son apprentissage en menuiserie, il obtiendra d’ailleurs un CAP d’Ebéniste-Menuisier. Il deviendra ultérieurement contremaître puis directeur de Foyer de Jeunes….

Très tôt, il s’engage dans l’action syndicale en adhérant à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne puis à la CFTC avant de rejoindre la CFDT, issue d’une scission avec le précédent syndicat en 1964, partisan de la « Déchristianisation » du mouvement opéré notamment par Eugène Descamps et Edmond Maire…. Il devient rapidement le Secrétaire général de la CFDT du Maine et Loire.

Elu Conseiller général d’Angers en 1973, il décide de se présenter aux Municipales à Angers en mars 1977 à la tête d’une coalition Socialo-Communiste. Dans une ville qui n’a jamais été de Gauche, l’entreprise semble vouée une fois de plus à l’échec et pourtant malgré le scepticisme général (y compris dans sa propre liste), il l’emporte au second tour avec un peu plus de 52 % des suffrages…

Il restera Maire jusqu’en 1998, date à laquelle il cède son fauteuil à son Premier adjoint, Jean-Claude Antonini… Sa longévité et ses succès électoraux sont probablement autant liées à sa bonne image de bon gestionnaire et de grand bâtisseur qu’à sa stratégie politique : il se débarrasse dès 1983 de ses alliés communistes pour composer des majorités municipales avec les Centristes, privant ainsi la droite pourtant majoritaire d’un quelconque espoir de reconquête…

En 2008, son « socialisme » est de plus en plus « rose pâle », il se brouille avec son ex-poulain et soutient son adversaire de droite, Christophe Béchu ! Ce dernier échouera de peu mais prendra sa revanche en 2014 et 2020 où il sera réélu dès le premier tour, réussissant là où les Narquin Père et Fille avaient échoué…

LES CHEVAUX DE BATAILLE ET LA DAME DE CŒUR

A peine élue au Palais-Bourbon (tout en continuant à diriger son officine jusqu’en 1992, avant d’abandonner pour incompatibilité), Roselyne Bachelot se spécialise sur les questions de la Santé, de la protection sociale ou encore sur le Handicap ou les droits des femmes.

Le combat qu’elle mène sur les questions d’égalité Homme-Femme, elle le doit à sa mère militante Féministe mais également à sa propre expérience au sein d’assemblée (dont le conseil général) très largement représentée par la gente masculine qui préfère lui confier la Commission des affaires sociales que les finances publiques qu’elle visait, comme elle le confiera ultérieurement pour finalement trouver « sa voie » et devenir une spécialiste…

Cette femme de Droite refuse d’être une « députée godillot » et n’hésitera pas malgré l’hostilité de son propre camp de soutenir la loi « Evin » en 1991 ou encore la lutte contre le SIDA ou le vote du PACS….

L’ERE DES MAROQUINS

Elle n’avait participé à l’avenir de la deuxième Cohabitation entre 1993 et 1997, évitant ainsi de faire partie de la charrette des « Juppettes », allusion faite toutes ces femmes secrétaires d’Etat du Gouvernement Juppé qui avaient fait sensation lors de leur nomination, symbole d’une mini-révolution politique mais provoquer la consternation pour donner suite à leur rapide et brutale éviction….

La droite avait connu en 1993 son plus grand triomphe électoral en obtenant près de 500 sièges au Parlement, du jamais vu depuis le début de la Vème République même en juin 1968.

La gauche avait été décimée mais François Mitterrand n’avait pas démissionné pour autant, préférant achever son mandat en 1995. Jacques Chirac, devenu « Outsider » avait doublement raflé « la mise » : il avait déjoué les pronostics qui l’annonçaient largement battu par son « ami de trente ans » Edouard Balladur, alors Premier Ministre de Cohabitation et grandissime favori et s’installait enfin à l’Elysée pour y exercer une fonction dont il rêvait probablement depuis toujours….

Mais en 1997, le même Chirac, peu sûr de sa (trop) grande majorité et sous les conseils présumés éclairés de son conseiller, Dominique de Villepin, décide de dissoudre l’Assemblée Nationale, espérant provoquer un plébiscite en sa faveur comme le Général après les « évènements de mai ».

C’est l’inverse qui se produit, favorisé il est vrai, par de trop nombreuses triangulaires provoquées par le maintien du Front National au Second tour … Ainsi le « Triomphe Césarien » de 1993 se transforme en « Pathétique Waterloo » …. Renvoyant la Droite et le Centre dans les rangs de l’opposition, en attendant des jours meilleurs mais brisant au passage les espoirs des « générations nouvelles » du Rpr et de l’UDF de pouvoir occuper les salons dorés des Ministères….

Mais en 2002, la Gauche de gouvernement va vivre un cauchemar après le « séisme » politique provoqué par l’élimination dès le 1er tour de Lionel Jospin.

Le Premier Ministre sortant se voyait déjà ne faire qu’une bouchée du « vieux » Chirac (il n’avait pourtant que quatre de moins que lui, ndlr) mais la présence de petits candidats de Gauche, facteurs de divisions l’ont empêché de réaliser son rêve et surtout de voir « l’aventurier » Le Pen accéder pour la première fois au second tour d’une élection Présidentielle, lui qui n’avait obtenu que 0.5 % en avril 1974 !

On connait la suite, Le Pen est largement battu par un Chirac, qui après avoir fait le plus mauvais score d’un candidat sortant avec 19 % au 1er tour obtient un score record plus de 82 % au second tour….

Après son « retrait de la vie politique » plein de panache, le malheureux Lionel Jospin entraine cependant son camp politique vers une déroute électorale lors des législatives qui suivent…. La Gauche retrouve le chemin de l’opposition et le « miraculé » Chirac nomme comme Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin, issu de l’UDF qui vient de se fondre dans la nouvelle formation politique : l’UMP et de facto, Roselyne Bachelot entre au gouvernement en obtenant son premier maroquin : le Ministère de l’Ecologie et du développement durable….

L’ancienne députée hérite ainsi du « Ministère de l’impossible » comme l’avait surnommé jadis son premier titulaire, le Gaulliste Robert Poujade en 1971, tant l’idée d’une écologie gouvernementale reste une « Arlésienne » : on en parle beaucoup mais on n’en voit guère les effets…

Pourtant, la nouvelle ministre s’attèle à la mise en place d’une Charte de l’environnement (un ancêtre du Grenelle éponyme) et rédige une loi sur la prévention des risques technologiques et naturels…

Cette promotion ministérielle et son passé récent de parlementaire assidue lui ont apporté une indéniable notoriété avec les bienfaits et les méfaits que cela procure, son côté parler-vrai et franc-tireur notamment à l’époque de la cruelle canicule de 2003 l’amène à devenir une des « marionnettes des Guignols », l’émission-phare de Canal Plus, ce qui peut autant servir (on se rappelle le Chirac et son « encore deux ans ») que vous desservir……

Cependant, lors d’un remaniement ministériel en 2004, Roselyne Bachelot n’est pas reconduite, retournant de facto au Parlement et au Conseil régional des Pays de Loire.

L’élection de Nicolas Sarkozy en 2007 et la nomination de son ami François Fillon à Matignon va permettre à l’élue Angevine de pouvoir revenir aux affaires en héritant du portefeuille de la Santé et des sports… où elle met en œuvre plusieurs chantiers : la réforme des franchises médicales, la création des Agences régionales de santé, la réorganisation de la carte hospitalière, la réduction du déficit de la sécurité sociale… dont l’impact résonne encore et toujours aujourd’hui….

Elle bifurque entre 2010 et 2012 vers le ministère de la solidarité et de la cohésion sociale ou elle élabore une loi sur la dépendance mais qui sera reportée…

Le quinquennat Sarkozy s’achève un peu dans la douleur, l’enthousiasme qu’avait suscité son élection dans l’opinion (y compris chez une partie de la gauche) a rapidement cédé la place à une grande défiance à son endroit (mais c’est un peu le sort qui est généralement réservé aux présidents de la Vème république), la fibre réformatrice a été balayée par la crise financière mondiale de 2008-2009 et la dérive droitière du Chef de l’Etat visant à resiphonner les électeurs du Front National ont fini par provoquer une détestation certaine du personnage Sarkozy dans une partie non négligeable de l’électorat de gauche voire modéré...

LE TEMPS DES PAILLETTES

Nicolas Sarkozy décide de se représenter, dépense toute son énergie pour rattraper son retard dans les sondages mais échoue finalement face à un François Hollande qu’il a eu tort de sous-estimer, il en fera même l’amère expérience lors du débat du second tour où il sera largement dominé par son outsider…

La Gauche remporte assez largement les élections, plus de 300 députés de gauche (dont 280 socialistes) arrivent au Palais-Bourbon. Jean-Marc Ayrault remplace à Matignon son compatriote des Pays de la Loire, François Fillon.

24 ans après avoir été élue au Palais-Bourbon, Roselyne Bachelot-Narquin décide de ne pas rempiler, probablement lassé par les turpitudes de la vie politique et surtout de son côté chronophage….

Sa circonscription basculera à gauche ainsi que deux autres sur les sept que comptent ce département pourtant « génétiquement » de droite…. A noter toutefois, la réélection d’Hervé de Charrette, ancien ministre des affaires étrangères, aristocrate « chouan » qui, ironie de l’histoire avait naguère conquis les terres nivernaises chères à la famille Narquin….

COUCOU, ME REVOILA

La désormais ancienne Ministre fait donc ses « adieux » à la vie politique pour épouser la carrière de « saltimbanque » et réussit sa reconversion avec une étonnante facilité, on la voit d’abord intégrer l’équipe de Laurence Ferrari, puis elle-même se retrouve aux « manettes » de sa propre émission sur C8 puis LCI pour finalement s’acoquiner avec les « affreux jojos » des grosses têtes version Laurent Ruquier sur RTL….

La page de la « vie d’avant » est donc tournée, du moins le croit-on…

Mais chassez le naturel, il revient au galop : il suffit d’une circonstance et le tour est joué : ici ce sera la crise sanitaire : d’abord la « réhabilitation » de « l’affaire des doses de vaccin » puis la Providence qui frappe à sa porte : un sms de Jean Castex, ancien camarade de l’UMP fraîchement nommé Premier Ministre qui lui fait une proposition : « voudrais-tu participer au nouveau gouvernement comme Ministre de la Culture ? ».  

D’abord tentée de répondre par la négative, elle cogite que « c’est la culture que l’on assassine avec le confinement » et la Dame d’Anjou, un brin pragmatique n’hésite pas à être « prête à reprendre du service pour la bonne cause », se revendiquant « femme de culture », passionnée depuis toujours par la musique et surtout l’Opéra…

Le spectacle continue donc pour le meilleur comme pour le pire. Mais après tout, ne serait-ce pas le défi que se réservent habituellement les "vaccinés"  à la chose publique » ?

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