Cinquième épisode

REGARDS  SUR  LE  MONDE

En cette année 1972, la planète Terre est occupée par 3 milliards 837 millions d’habitants. Plus de la moitié d’entre eux réside sur le seul continent asiatique, dominé par l’Inde et bien sûr la République populaire de Chine…



Nixon à la rencontre

de ses ennemis

Philippe Dupont

10 ans en 1972

Ce dernier pays vaste comme 18 fois la France compte alors 862 millions d’habitants dirigés par le « Grand Timonier » Mao-Tsé-Toung depuis sa prise du pouvoir 23 ans plus tôt. L’année 1972 va marquer un tournant important dans l’histoire de ce pays alors refermé sur lui-même : sa reconnaissance par les Etats-Unis, suivi d’une visite de Richard Nixon à Pékin.

Huit ans après la France, le pays de l’Oncle Sam a donc « reconnu » un pays Communiste qui vit toujours sa « Révolution Culturelle » depuis 1966 (et qui durera d’ailleurs dix ans), n’ayant de culturelle que le nom, constituant la deuxième période la plus tragique de l’histoire de la jeune République Populaire…


Richard Nixon y effectue une visite entre le 21 et le 28 février. Le « très clivant » Président des Etats-Unis qui est sur le point d’achever son premier mandat, avant de se représenter à l’Automne (…) peut s’enorgueillir d’avoir mis en place un processus de normalisation des relations diplomatiques avec deux des pays qui constituaient auparavant à ses yeux ses « pires adversaires » : en l’occurrence l’Union Soviétique et à présent la Chine…Concernant cette dernière, c’est le Secrétaire d’Etat, Henry Kissinger qui avait préparé le terrain en se rendant dans le pays dès 1971…


Ceci constitue un véritable changement de mentalité au pays de l’Oncle Sam : on se souvient que le même Nixon avait été élu en 1952, vice-président lors de son ticket gagnant avec Eisenhower, en pleine guerre froide, prônant un anticommunisme assumé, responsable de tous les maux de la terre et véritable menace, selon lui, pour l’ordre et la sécurité du monde…


Attitude également partagée par leur prédécesseur Harry Truman, successeur de Franklin Roosevelt en 1945, qui lança la première bombe atomique sur Hiroshima (en partie pour effrayer Staline dans la course aux armements)  et qui disparait d’ailleurs en cette année 1972…


Le président Américain, outre Mao, rencontre également Chou-en-Lai ainsi que d’autres dignitaires du régime, abordant notamment la question de l’avenir de Taiwan (République de Chine) et l’amorce d’un début de politique d’échanges commerciaux entre la République Populaire et les Etats-Unis…




























DD

Rencontre historique 

Richard Nixon-Mao Zedong à Pékin

UN MOMENT DE DETENTE

En outre, la Chine n’est pas le seul pays communiste avec lequel Nixon entame un dialogue, le voilà qui rencontre à Moscou également son homologue Soviétique, Kossyguine afin de signer les fameux accords SALT 1 qui ont pour dessein de limiter le nombre des missiles. Alors que la « Guerre froide » qui opposent les deux superpuissances continuent à faire rage, la signature de cet accord d’abord temporaire sur une durée de cinq ans (avant de devenir permanent au-delà de cette période) va permettre de limiter à 100 le nombre de missiles antibalistiques mais également d’interdire les armes bactériologiques…


Rassurants sur la forme, ces accords restent flous quant à une quelconque inspection du respect des clauses du contrat car les Soviétiques y craignent une forme d’espionnage. Cependant, ils permettront la coopération dans différents domaines, à l’instar de la recherche sanitaire, scientifique et technologique, marquant indéniablement l’émergence d’une « certaine détente » entre les deux blocs…

NAISSANCE D’UNE

« CONSCIENCE ECOLOGIQUE »
















Entre le 5 et le 16 juin 1972, la première Conférence des Nations unies sur l’environnement se tient à Stockholm (Suède) que l’on ne tardera pas à nommer le « Premier Sommet de la Terre ».

Ce début de décennie est donc indéniablement marqué par une prise de conscience écologique et par l’émergence d’une politique environnementale et du concept de développement durable.


Certes, ces initiatives restent bien timides à l’époque, malgré la nomination en France d’un ministre de l’Environnement dès 1971, en la personne de Robert Poujade (Député-maire de Dijon) qui lancera avec efficacité un certain nombre d’initiatives intéressantes tandis que l’éminent agronome René Dumont sera le premier « candidat écologique » deux ans plus tard lors de la présidentielle anticipée de 1974…


En cette année 1972, le regard des occidentaux est surtout tourné vers le dramatique épisode de « sècheresse » au Sahel, cette vaste région comprise entre le Sahara et la zone soudanaise qui comprend plusieurs pays (Sénégal, Mauritanie, Haute-Volta (auj. Burkina Faso), Niger, Tchad). Mais outre le problème climatique, c’est bien celui de la « Faim », des problèmes de difficultés alimentaires qui touche les populations concernées. Des difficultés qui sont révélées par les campagnes d’information des organisations humanitaires européennes récemment créées et qui agissent sur place…

 




L' AFRIQUE DANS  TOUS SES ETATS


L’Afrique organise cette année-là, la 8ème édition de la CAN (Coupe Africaine des Nations), l’un des rares points de « concorde » (du moins le temps d’une compétition) de la quarantaine de pays pour la plupart indépendants depuis l’orée des années 60, à l’exception notable de l’empire colonial Portugais (Mozambique, Angola, Guinée Bissau, Cap Vert) ou encore de la Rhodésie du Sud…


La compétition est organisée par le Cameroun et verra la victoire en finale de la République du Congo-Brazzaville (avec son équipe des « Diables rouges ») qui bat celle du Mali, par 3 buts à 2….

Petit moment d’insouciance au cœur d’un immense continent et sa cinquantaine de pays, indépendants pour la plupart depuis une décennie mais dont la majorité d’entre eux a connu plusieurs zones de turbulences, marqué par de nombreux coups d’états depuis leur indépendance, certains d’entre eux « avalisés » par les anciennes puissances coloniales (France, Royaume-Uni, Belgique, notamment) …

Si certains régimes sont stables (Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Mauritanie, Haute-Volta), d’autres subissent des coups d’état, au Ghana ou au Dahomey (Actuel Bénin) en cette année 1972 tandis qu’une tentative de putsch échoue au Congo-Brazzaville…

 

La tentative de Coup d’Etat des Aviateurs

 

Au Maroc, le roi Hassan II est victime d’une deuxième tentative de coup d’état, après celle avortée de Skhirat en 1971. Surnommé « Le Coup d’Etat des aviateurs », il a lieu le 16 août 1972, lors du voyage retour de France du Souverain Chérifien. L’avion royal est la cible d’aviateurs des Forces aériennes royales commandées par le Général Mohamed Oufkir et le lieutenant-colonel Mohamed Amekrane.

Une tentative de « putsch » un peu particulière car elle se déroule exclusivement dans les airs : cinq avions Nothrop F5 (dont trois sont armés) ont donc tenté d’abattre l’avion royal mais sans succès : un des pilotes putschistes au moment de tirer subit un enrayement de son arme, tentant encore sans succès de s’écraser sur l’avion Royal qui arrive à se poser sur le tarmac.

Hassan II aidé du copilote, lors d’un appel radio se fait passer pour un des complotistes annonçant « la mort du tyran » afin de tromper les autres membres du Commando, qui seront d’ailleurs tous arrêtés et exécutés.

Oufkir est quant à lui, arrêté. Pour la version officielle, il se serait suicidé, une autre version prétend qu’il aurait été abattu par le Général Dlimi (avec lequel il était impliqué dans la disparition de l’opposant Ben Barka en France en 1965).

D’autres participants du putsch manqué seront incarcérés dans le terrible bagne de Tazmamart dont les deux tiers ne reviendront pas vivants. Hassan II reprend le contrôle de l’armée en supprimant le poste de ministre de la Défense et celui de chef des Forces Armées qu’il dirigera désormais….

 



Les despotes se portent bien





 

 










Personne n’a oublié Idi Amin Dada qui a dirigé l’Ouganda entre 1971 et 1978. Ce colosse de près de 2 mètres et pesant plus de 120 kilos s’est emparé du pouvoir en 1971 en reversant le Président Milton Obote. En Occident, l’homme est souvent sujet à des moqueries, beaucoup d’observateurs le prenant pour un simple bouffon. Dans son propre pays, son arrivée au pouvoir qui avait été accueilli avec enthousiasme a vite montré sa véritable image : celle d’un dictateur sanguinaire qui fait régner la terreur dans son propre pays.


Ce militaire un brin analphabète avait réussi grâce à son culot et à sa brutalité appuyée à se faire un nom dans l’armée, y compris à l’époque Britannique où il avait même réussi à finir Officier (chose très rare dans l’armée coloniale aussi bien britannique que française, ndlr).

En cette année 1972, il procède à l’expulsion de plus de 80 000 personnes de la communauté asiatique (essentiellement originaire de l’Inde), dont un grand nombre possède la nationalité Britannique et qui sont établies ici depuis la période coloniale.


Le prétexte (fallacieux) invoqué serait le rôle nocif qu’elle jouerait au niveau de l’Economie nationale (occupant des postes dans le commerce et l’administration) et à l’origine de la grande corruption qui gangrènerait le pays.…

Cet exode aussi brutal que forcé est largement condamné par la communauté internationale tandis qu’Idi Amin Dada réquisitionne tous les biens des exilés qu’il redistribue par la suite….


En Centrafrique, Jean-Bedel Bokassa, également arrivé au pouvoir par un coût d’Etat survenu le soir de la Saint-Sylvestre 1965 (où il a renversé son cousin germain David Dacko) s’autoproclame Président à vie en mars 1972 afin de renforcer son pouvoir de plus en plus dictatorial.

En 1974, cet ancien sous-officier de l’armée coloniale Française qui avait terminé sa carrière comme Capitaine est à présent promu Maréchal et comme chacun sait sera couronné Empereur de Centrafrique en 1976 jusqu’à sa chute en 1979….




L’ivresse du pouvoir


 

Philibert Tsiranana ou l’histoire d’un Président, héros de l’indépendance de Madagascar qui veut faire le combat de trop. A 62 ans, cet instituteur de formation, un temps Député sous la IVème République (à l’instar de Senghor au Sénégal ou Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire), arrivé au pouvoir en 1960 avait jusqu’à présent à maintenir une stabilité démocratique assez peu commune sur le Continent Africain, servant en quelque sorte de modèle, mais le voilà aussi rattrapé par « l’ivresse du pouvoir » qui, le concernant est de plus en plus autoritaire


Après avoir tenté vainement de s’accrocher au pouvoir bien que « plombé » par le retard économique du pays provocant un mécontentement grandissant de la population et surtout diminué par la maladie, il est contraint de céder le pouvoir à son ministre de la Défense, le Général Gabriel Ramanantsoa qui restera au pouvoir jusqu’en 1975 tandis que Philibert Tsiranana disparait en 1979.




L’EUROPE EN EBULLITION

 



Et l’Europe, dans tout ça ?

 

Un Continent qui est toujours coupé en deux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et le restera encore presque vingt ans, personne ne pouvant imaginer l’impensable bouleversement géostratégique de l’orée des années 90, avec l’écroulement de l’URSS et l’émancipation (enfin presque) de ses pays satellites décrétés à Yalta en 1945.


De l’autre côté du « rideau de fer », dans ce que l’on appelle le « bloc Capitaliste » connait toujours une grande période de prospérité économique mais qui présente de plus en plus des signes d’essoufflement, tout en se renforçant néanmoins avec l’arrivée prochaine de trois nouveaux pays au sein du « Marché Commun » né en 1957 : le Royaume-Uni, jusqu’à présent banni à cause du Veto de la France (disons plutôt du Général de Gaulle), l’Irlande et le Danemark qui vont donc se greffer aux six membres fondateurs (France, Allemagne de l’Ouest, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg).    


Mais cette Europe occidentale et démocratique abrite néanmoins encore trois dictatures : en Espagne, au Portugal et en Grèce. A Lisbonne, Marcelo Caetano a succédé dès 1968 à Salazar qui dirigeait le pays depuis 1932, d’une main de fer et qui s’est éteint en 1970, mais le régime persiste à maintenir sous perfusion son empire colonial en Afrique.


A Madrid, le général Franco après plus de trois décennies d’un pouvoir très autoritaire connait une fin de règne plutôt difficile, miné notamment par la flambée de terrorisme au Pays-Basque, en profitant pour remettre en place un appareil très répressif qui s’était un peu assoupli la décennie précédente. L’aide économique américaine a également permis à l’Espagne de combler un certain nombre de ces handicaps et devient même en 1972, la première destination touristique d’Europe avec près de 33 millions de visiteurs…


La Grèce des « Colonels » est au pouvoir dans ce « berceau de l’Europe » depuis le Coup d’Etat de 1967, appliquant une politique nationaliste et profondément anti-communiste, ayant provoqué l’exil d’une grande partie de l’élite du pays. A la tête de la Junte, le Colonel Papadopoulos ne va tarder à devenir le premier Président de la République en 1973 après avoir fait abolir la Monarchie (le roi Constantin exilé à Rome depuis 1967, mais le dictateur occupait de facto la fonction de « Régent ») mais qui sera contraint de quitter le pouvoir en 1974, à la suite de l’échec de la gestion de crise Chypriote, ramenant la démocratie dans le pays…


Bloody Sunday























Elizabeth II qui fait ses 20 ans de règne à la tête du Royaume-Uni doit faire face avec le gouvernement Conservateur d’Edward Heath au conflit Nord-Irlandais qui opposent la minorité Catholique aux Protestants depuis 1969 et dont la violence ne faiblit pas.

Le dimanche 20 janvier 1972, une tuerie survient dans le quartier de Bogside à Londonderry qui va coûter la vie à vingt-huit personnes (des passants et des manifestants pacifistes des Droits civiques, dont des adolescents) qui ont été pris pour cible par des soldats de l’armée Britannique. Une tragédie que l’on ne va tarder à dénommer le « Bloody Sunday » (le « Dimanche sanglant »).


A l’origine, la manifestation était interdite et l’itinéraire fut alors dévié vers d’autres quartiers où des adolescents tentèrent de franchir les barricades dressées par l’armée Britannique pour leur jeter des pierres, d’où une première riposte des forces de l’ordre qui répliquèrent avec les traditionnels canons à eau, avant que le tout ne dégénère avec une avalanche de tirs meurtriers en direction des manifestants liés à la présence présumée d’un sniper de l’IRA.




La Tragédie de JO de Munich


 

L’organisation des JO dans la Capitale de la Bavière, au cœur d’une Allemagne de l’Ouest en pleine expansion et désireuse de montrer une image diamétralement opposée à celle proposée lors des Jeux de Berlin en 1936, alors sous le joug Nazi.

Aujourd’hui, on se souvient des exploits sportifs de Mark Spitz, le nageur Américain auréolé de ses sept médailles d’Or à l’instar de la jeune Australienne Shane Gould qui en obtient cinq ou encore de la gymnaste Soviétique Olga Korbut, celle que l’on surnomme « le moineau de Minsk » qui en décroche quatre…


Des jeux marqués par la suprématie Américaine, Soviétique et Est-Allemande, sans oublier son voisin de l’Ouest qui bénéficie certainement de sa position de pays hôte…


Mais cette compétition estivale restera gravée dans les mémoires comme « les jeux de la terreur ». En effet le 5 septembre à l’aube, un commando palestinien se réclamant de « Septembre noir » prend d’assaut les logements de la délégation Israélienne, provoquant la mort de 11 personnes.

Les membres du commando prennent en otage 9 athlètes et entament une âpre négociation avec les autorités locales, tandis que la Première Ministre Israélienne, Golda Meir refuse toute discussion ou arrangement avec ceux qu’elle qualifie de terroristes. Ces derniers exigent la libération de plus de 200 militants palestiniens incarcérés et d’obtenir un avion pour préparer leur fuite avec leurs otages comme bouclier humain.

Une cellule de crise est établie mais l’affaire tourne court, la police finira par tuer 8 terroristes tandis que 3 autres seront capturés. En guise de réponse, Israël engagera une longue série de représailles sur les camps palestiniens du sud-Liban….




La Diagonale du Fou ou le match du siècle













 

On l’a surnommé à l’époque le « match du siècle », celui qui opposa le champion du monde des Echecs en titre, le Soviétique Boris Spassky à l’Américain Bobby Fischer…

Un championnat du monde qui va se tenir dans un centre sportif à Reykjavik, la Capitale de l’Islande entre le 11 juillet et 1er septembre 1972 et qui verra, à l’issue d’un duel plein de rebondissement, la victoire de Bobby Fischer, 29 ans dans une ambiance de « guerre froide » mais avec une atmosphère de détente comme nous avons pu le découvrir auparavant.


La victoire de l’Américain sera une première car mettant fin à de longues décennies de suprématie Soviétique sur ce sport cérébral. Après 21 parties disputées, Fischer terrasse Spassky avec le score de 12,5 -8.5.

Durant toute la compétition, le prodige américain autant excentrique qu’exigeant aura opté pour une « guerre des nerfs », menaçant d’abord de ne pas participer à la compétition puis usera de nombreux stratagèmes pour déstabiliser son adversaire, avant de finalement prendre l’avantage définitif dans les derniers jeux…




AMERICA, AMERICA



Watergate ou les hommes du Président



 

Nixon réélu mais avec le spectre du Watergate

 

Richard Nixon, « l’homme de la Détente » est confortablement réélu en novembre 1972 face à son challenger démocrate George Mc Govern. En effet, le président sortant remporte pas moins de 49 des 51 états en lice (à l’exception de District de Columbia et du Massachussetts), obtenant près de 60 % des suffrages.


Ce triomphe électoral, obtenu y compris dans des fiefs traditionnellement Démocrates va être de courte durée pour Richard Nixon car ce dernier sera très rapidement au cœur d’une affaire d’espionnage politique, surnommé le « Scandale du Watergate » qui aboutira deux ans plus tard à sa démission (lui évitant ainsi d’être destitué).

Le Watergate, c’est le nom d’un immeuble qui abrite les locaux du Parti Démocrate à Washington et qui aurait été victime de cambrioleurs peu avant l’élection….


Des cambrioleurs qui seraient en fait des anciens employés de la Maison-Blanche, c’est du moins ce qui en ressort à la suite d’une enquête minutieuse de deux journalistes du « Washington Post » : Carl Bernstein et Bob Woodward en parallèle d’une longue investigation déclenchée par le Sénat Américain et qui vont mettre en lumière les pratiques illégales d’une grande ampleur au sein de l’administration présidentielle.


Si l’affaire n’a d’abord que peu d’écho dans l’opinion américaine, peut-être plus absorbé par le difficile conflit Vietnamien, elle va monter en puissance grâce à l’opiniâtreté des deux journalistes du Washington Post qui bénéficieront du concours d’un mystérieux informateur surnommé « Gorge profonde » (Deep Throat en anglais) qui leur livrera de nombreuses révélations sur les liens des cambrioleurs très liés à l’administration américaine et surtout sur les financements irréguliers de la campagne de Richard Nixon..


La commission d’enquête sénatoriale mise en place dès 1973 confirmera également les cas d’obstruction à la justice, de la mise en place d’un système d’écoute dans la Maison-Blanche qui finira par être rendu public, via les bandes magnétiques contenant de nombreux enregistrements compromettants pour le Président et son équipe.

L’enquête est bouclée et une procédure d’Impeachment est lancée à l’encontre de Richard Nixon qui préfère donc démissionner et qui sera remplacé de façon insolite, non par son vice-président, Spiro Agnew mais par un de ses proches, Gérald Ford (ainsi le seul président non élu de l’histoire des Etats-Unis).



Crash du Vol 571















 

On l’a surnommé le drame de la cordillère des Andes ce vol Fuerza Aera Uruguaya 571 qui assurait la liaison entre Montevideo (Uruguay) et Santiago du Chili.

Le 13 octobre 1972, l’avion Fairchild FH-227 s’écrase dans la Cordillère, dans la région Argentine de Malargue. 17 des 45 passagers et membres d’équipage périssent lors du Crash ou après l’écrasement. 12 autres subiront le même sort dans les deux mois qui suivront, notamment dans une avalanche.

Totalement coupés du reste du monde à plus de 3 500 mètres d’altitude et privés de nourriture, les survivants finissent par manger les corps des passagers morts (qui ont été préservés par le froid ambiant) pour ne pas subir le même sort.

Deux d’entre eux entament un périple à travers la Cordillère et au bout d’une dizaine de jours parviennent à rejoindre la vallée et prévenir les secours, ce qui permettra retrouver et sauver les 16 survivants, après deux mois d’isolement…




 

Rapport Meadows


 

Cinquante ans après sa publication en mars 1972, le fameux « Rapport Meadows » est resté ancré dans les mémoires. Publié dans l’Hexagone sous un titre évocateur : « Les limites de la croissance », il porte le nom de ses auteurs, Donella, et son époux Dennis Meadows, tous deux universitaires issus du MIT, en collaboration avec leur collègue, le climatologue et futurologue norvégien Jorgen Randers. Les trois auteurs s’interrogent essentiellement sur les limites de la croissance économique et dénoncent une société qui consomme toujours plus mais qui pollue ainsi toujours plus avec le risque d’être confrontée à la raréfaction des ressources….

Leur diagnostic s’annonce clairement pessimiste car ils craignent que la croissance sans fin n’entraine une série de pénurie de matières premières et que d’ici le courant du XXIème siècle, le manque de gaz, de pétrole ou de minerai, voire n’’eau ne viennent à manquer d’où la préconisation d’une régularisation de cette croissance, afin d’éviter des risques de crises, de famines et de guerres….




Mouvement révolutionnaire au Japon


 

Qui s’en souvient de ce mouvement révolutionnaire dans un Japon que nous connaissons toujours aussi mal, celui de la Nouvelle Gauche qui s’inspire de son homonyme occidental, se démarquant du Parti Communiste Japonais, s’opposant notamment à la coopération mutuelle entre les Etats-Unis et l’Empire du Soleil levant.


D’abord uniquement contestatrice et opposée notamment à la guerre du Vietnam, elle franchit un pas vers la violence, avec la création d’une Armée Rouge Japonaise qui commet le massacre de l’Aéroport de Lod -Tel Aviv (Israël) le 30 mai 1972 : une attaque terroriste dont trois de ses membres tuent 26 personnes et en blessent 80 au nom du Front de libération de la Palestine.

Deux d’entre eux seront abattus tandis que le troisième est blessé et capturé….






Idi Amin Dada

Jean Bedel Bokassa